PUPILLE ORPHELIN 23, rue de Bretagne 14000 Caen 06 60 14 53 62 pupille.orphelin@gmail.com

Pionnière de l’aviation, inventrice, grande sportive, cyclisme, alpinisme et journaliste française :

C’est elle, née le 28 Février 1875 à Aurillac (Cantal), que l’on surnomme « la fiancée du danger » mais voyons d’abord une partie de ses médailles et distinctions parmi les 34 qu’elle a obtenues et qui en fait certainement la femme la plus décorée de France :

Officier de la Légion d’Honneur
-Croix de Guerre avec palmes
-Ordre des Palmes académiques
-Médaille de l’aéronautique
-Médaille de la paix au Maroc
-Médaille de la reconnaissance française
-Chevalier de l’Ordre de la santé publique
-Médaille de la ville de Nancy
-Médaille d’Or de l’éducation physique
-Médaille d’Argent du service de Santé- etc-etc…

A 4 ans, elle nage déjà 3 à 4 km en rivière puis à 11 ans elle se met à la bicyclette qui dura toute sa vie.

En 1889 alors qu’elle avait 14 ans, sa famille s’installe à Nancy où elle surprend les habitants peu habitués à voir une jeune fille faire du vélo.

Dans le même temps, elle étudie et commence sa vie sportive (billard, sabre, épée, fleuret) et se forme au cirque (funambule, trapéziste, jongleuse, cavalière).

Elle touche à tous les sports, sauf le catch.  Quelques photos ci-dessous de ses exploits :

A 15 ans, elle fait le trajet en canoë Nancy-Coblence (Allemagne) et elle obtient à 17 ans son premier prix de cette spécialité.

A 24 ans elle obtient sa licence de lettres et s’inscrit à la faculté où elle étudie le droit et la médecine obtenant son diplôme d’infirmière de la Croix Rouge et apprend 4 langues.

Elle devient l’une des premières femmes à obtenir le diplôme de capacité qui lui permet de conduire une automobile.

Puis, une ascension en ballon et en 1903, la première femme à escalader la Dent du Géant « 4013 m » dans le massif du Mont-Blanc mais aussi d’autres succès en alpiniste.

Elle apprend à piloter locomotive et bateau à vapeur.

En cyclisme, c’est la course Nancy-Bordeaux et Nancy-Milan (les femmes n’étant pas autorisées à porter le pantalon elle sera à l’origine de la jupe-culotte).

Elle remporte le 1er grand prix de périssoire à Etretat (embarcation ancêtre du kayak) et elle est la première femme à réaliser la traversée de Paris à la nage (12 km).

En 1907, elle reçoit le prix d’honneur au fusil de guerre à 300 mètres et du Ministre de la guerre les palmes de 1er tireur.

Puis en 1908 elle s’inscrit pour disputer le tour de France cycliste sa candidature est refusée. Elle a 33 ans, elle décide de la faire d’une autre façon. Elle partira avec 10 minutes de retard sur les hommes à chaque étape.

Le 13 Juillet 1908, les 110 participants au départ à Paris                                                    

Dessin de Marie à vélo

Ils ne sont que 36 à l’arrivée, le 9 Août après avoir parcouru 4 488 kms en 14 étapes. C’est Lucien Petit-Breton qui gagne devant le Luxembourgeois François Faber (voir document du 12.08.2018 « pupille-orphelin »).

Elle arrive comme les hommes sans aucune reconnaissance ni honneur du journal (L’Auto) maître dans le domaine du tour.

Aux arrivées d’étapes, elle se lie d’amitié avec beaucoup de participants dont Georges Mazan dit Lucien Petit-Breton, 1er en 1908 (mort pour la France le 20.10.1917), François Faber, 1er en 1909 (mort pour la France le 09.05.1915), Octave Lapize, 1er en 1910 (mort pour la France le 14.07.1917) qu’elle croisera de nouveau avec d’autres champions, dans les tranchées ou autres lieux, lorsqu’elle s’y engage (voir ci-dessous).

C’est elle en tenue militaire                                     

En 1914 elle se déguise en homme pour entrer dans cette guerre, mais sa féminité sera découverte après 47 jours.

Elle est première femme « bombardière », le temps de remplacer un pilote blessé. Elle détruit une base allemande à Metz.

Puis elle rejoint le 3ème régiment des Chasseurs Alpins en tant qu’infirmière et correspondante de guerre. Elle utilise ses talents de skieuse pour aider à l’évacuation des blessés.

Un timbre-poste édité pour elle

Puis jusqu’en 1910, elle domine tous les sports d’hiver totalisant 20 médailles d’Or en ski, luge, bobsleigh, patinage…

Elle apprend à piloter à Mourmelon sur monoplan. Elle est la première femme à avoir établi le record de vol féminin en 53 minutes, à piloter un ballon mais aussi la 3ème au monde à obtenir son diplôme de pilote d’avion et commencera son projet d’évacuation sanitaire (civière sous le fuselage).

En 1920, poursuivant son travail de journaliste, elle accompagne le Président de la République Alexandre Millerand au Maroc où elle y reste jusqu’en 1924 comme officier de santé des armées.

Pendant la seconde guerre mondiale elle est infirmière de l’air, ayant créé l’aviation sanitaire (voir ci-dessus) et elle crée un type de suture chirurgicale pour éviter les infections.

Par la suite elle continue à vivre de son métier d’infirmière et ses multiples conférences.

A 85 ans, elle enlève haut-la-main son diplôme de pilote d’hélicoptère et pilote le premier hélicoptère à réaction français.

En 1961, elle a 86 ans, elle effectue Nancy-Paris à bicyclette et dans la foulée dès son arrivée elle survole la capitale en hélicoptère.

Arrivée à Paris                                          .

Plaques en sa mémoire à Nancy.

Elle décède le 14 Décembre 1963 à Laxou (banlieue de Nancy). Elle reste très mal connue des Français.
Les journeaux américains (The News Yark Times et Chicago Tribune) lui consacreront des articles nécrologiques. (son nom fut inscrit sur le mur des aviateurs à Riverside en Californie en 1935 et qualifiée de plus grande femme française après Jeanne d’Arc).