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Ce n’est pas dans l’enceinte de la crypte où près de 6300 plaques honorent la Mémoire des personnes décédées du fait de la seconde guerre mondiale dans le Doubs, la Haute Saône et le territoire de Belfort que le Souvenir Français nous a rassemblés, mais sur le parvis, du fait de la pandémie.

Le Délégué Général Jean Claude Rebière ouvre cette séance réduite, intimiste, mais où ferveur et émotion sont partagées par l’ensemble des participants

Autour du Député Alauzet sont réunis les représentants des Collectivités territoriales, les représentants des corps des Armées, les Associations patriotiques.

Notre délégation est présente, notre porte drapeau a rejoint les nombreux jeunes porte-drapeaux qui représentent et symbolisent l’action du Souvenir Français pour le passage de relais et la transmission de la Mémoire.

Nous sommes à leur côté, ils sont à nos côtés dans cette action transgénérationnelle.

Nous déposerons une gerbe symbolisant par ce geste notre volonté d’associer toutes les cérémonies qui n’ont pu se dérouler avec tout le faste que nous devions à ceux qui nous ont donné la LIBERTE !

Alors que deux jeunes soldats viennent de perdre la vie dans le cadre des opérations extérieures, le président Rebière rappelle combien cette flamme de la paix vacille, combien cette LIBERTE si chèrement acquise doit être défendue.

Il nous a fait l’honneur de nous communiquer intégralement le discours prononcé, lequel résume ce que nous partageons tous ensemble sur le parvis de cette crypte !

En cette période trouble, le ton est grave et poignant pour ceux qui ont vécu les affres de cette seconde guerre mondiale, pour tous les participants !

« Comme chaque année en septembre, nous nous retrouvons pour faire mémoire de toutes ces personnes, résistants, soldats, simples citoyens qui ont payé de leur vie pour que nous soyons libres aujourd’hui.

Jamais, nous n’oublierons ce que nous leur devons.

A côté d’eux il y a toutes les autres victimes : les prisonniers politiques, les juifs, les témoins de Jéhovah, les tziganes … que le régime nazi avait décidé d’éliminer et également les otages que les Allemands ont pris et assassinés comme à Sechin, à Valdahon, ou à Etobon par exemple. 

 Les Ordonnances du Reich concernant la guerre totale à savoir : Tout est permis à l’égard d’un village terroriste ont été appliquées ici sans ménagement.

Aujourd’hui que voyons-nous ?

Des négationnistes qui osent écrire sur les murs d’Oradour-sur-Glane le mot « menteur ».

Ce sont ces mêmes personnes qui présentent les juifs, non comme des victimes, mais comme des génies criminels, inventeurs d’une odieuse rumeur de génocide qui leur aurait permis d’exercer au détriment de plusieurs nations, un chantage pour percevoir des compensations financières et légitimer la création de l’état d’Israël.

Boris Cyrulnik écrivain, neuropsychiatre définit le négationnisme comme un message adressé aux survivants à savoir : Crevez, votre souffrance nous importune.Bien sûr, la France a eu sa part de héros, et sa part de traîtres constituant les 2 extrêmes de la société d’un pays occupé et en guerre, autant avec lui-même qu’avec l’ennemi.

Et entre ces extrêmes, des Français tâchant de travailler, tâchant de gagner leur vie, tâchant de nourrir et d’éduquer leurs enfants, ne se nourrissant que de l’espoir du retour à des temps meilleurs ; de l’espoir du retour d’un mari ou d’un fils prisonnier en Allemagne.

Que seront ces souvenirs en 2050 par exemple ?

Qui connaîtra encore la douloureuse histoire de notre peuple, la grandeur de cette œuvre collective que fut la résistance, la tragédie des déportations, et la triste mascarade de la collaboration ?

Parviendrons-nous longtemps à préserver et à transmettre cette mémoire qui constitue le remède immatériel et unique contre un retour malheureusement toujours possible de la barbarie en Europe ?

Comment parlerons-nous à nos enfants des massacres de masse des camps de la mort ?

Comment pourrons-nous les prévenir contre les idéologies de la haine et de l’exclusion qui hélas, on le sait depuis septembre 2001, se sont déplacées mais n’ont pas disparu. Pensons aux attentats islamistes comme à Charlie Hebdo, à l’Hyper cacher dont tous les médias parlent ces derniers jours. La liste est longue !

 Si dans la mémoire des peuples une guerre n’est pas un beau souvenir, la guerre de 39 45 est de celle que l’on souhaite vite oublier.

Si la guerre de 14 18 s’impose à la mémoire collective comme un long récit d’une lutte à mort monstrueuse mais épique, celle de 39/45 nous renvoie les images de la défaite, de l’humiliation, du triomphe des lâches, des petits, des traîtres.

La France et c’est légitime n’aime pas s’en souvenir.

Nous n’aimons pas nous souvenir du régime de Vichy, des sinistres artisans de la collaboration qui trouvèrent dans la défaite les voies tortueuses de leurs ambitions, et se forgèrent même une petite idéologie sur mesure, pour justifier toute leur trahison.

Nous n’aimons pas nous souvenir de tous ceux qui pour faire plaisir à l’occupant et assouvir leur instinct les plus bas, menèrent la chasse aux juifs, aux gaullistes, aux communistes et à bien d’autres encore.

Nous n’aimons pas nous souvenir de la géographie et de l’histoire de la France humiliée, Drancy, ligne de démarcation, tickets d’alimentation, le couvre-feu.

Derrière ces mots se cachent les victimes et les bourreaux. Les occasions de parler de cela ne seront jamais assez nombreuses.

Aussi préservons et sachons faire connaitre à tous, longtemps, ces cérémonies du souvenir de tous ceux qui sont morts et ont souffert dans la lutte contre le nazisme et nous ont offert notre liberté de chaque jour.

N’oublions pas comme l’a écrit Charles Péguy : la liberté est un système de courage.

Je vous remercie ! »

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