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                                          Opération Catapulte

Nous sommes le 3 Juillet 1940.

Tout est calme dans la rade de MERS EL KEBIR1 à l’ouest d’Oran.

17 h 56 : un bruit assourdissant, ce sont 36 salves tirées par la marine anglaise, 63 tonnes d’obus de 380 qui frappent les navires de la flotte Française en rade de Mers el Kébir. Ces derniers ont pour nom : Dunkerque, Provence, Strasbourg et Bretagne (croiseurs ou cuirassés), plus 15 torpilleurs et 6 sous-marins

18 h 12 : le silence est revenu après ce démentiel ¼ d’heure. La flotte de l’amiral anglais SOMERVILLE prend le large, mission accomplie laissant dans cette rade 1200 morts dont 977 du cuirassé Bretagne et 350 blessés.

                                                                                                               

La marine Française n’a pu contrer les Anglais d’autant que ses canons étaient pointés sur la cité. Déjà la veille il y avait eu 4 morts sur le sous-marin Surcouf pris par les Anglais.

ALEXANDRIE (Egypte) : les amiraux Français GODFROY et Anglais Sir Andrew CUNINGHAM suite à un ultimatum amical de ce dernier s’étaient entendus pour éviter toute effusion de sang. C’est donc 3 croiseurs lourds, 1 croiseur léger, 3 torpilleurs et 1 sous-marin qui seront neutralisés et mis sous tutelle britannique.

POURQUOI ?

Churchill à l’annonce de l’armistice demandé par Pétain se demande si la flotte française, la 2éme mondiale, puissante et moderne ne tomberait pas aux mains des allemands. La royal Navy quant à elle est affaiblie. Son aéronavale comporte de jeunes pilotes inexpérimentés. Bien qu’Hitler ayant affirmé ne pas toucher à cette flotte Française, respectant en cela l’article 8 de l’armistice du 22 juin 1940, CHURCHILL voudrait s’emparer de tous les navires français visibles ou demander à la France de les mettre à l’abri en Martinique par exemple.

Dans son projet CHURCHILL voit 2 avantages : ne pas permettre aux Allemands de s’emparer de la flotte Française et enlever toute probabilité d’entente avec Vichy et enfin montrer à ROOSEVELT son désir de continuer la guerre. Ce même ROOSEVELT, bien que favorable à PETAIN, approuvera cette opération.

Churchill très méfiant, n’écoutant pas ses officiers, contré par Lord HALLIFAX (toujours dans l’espoir d’une entente avec Hitler), appelle l’amiral Sir James SOMERVILLE, alors en retraite à Gibraltar pour effectuer cette délicate et désagréable mission. Il part avec son escadre baptisée « H » à bord du croiseur HOOD accompagné des cuirassés RESOLUTION, VAILLANT, le porte avion ARK ROYAL, d’autres destroyers et 2 croiseurs.

2 juillet 1940 : par ruses ou menaces un groupe d’officiers anglais s’empare des navires français ancrés dans les ports de Plymouth et de Portsmouth et propose aux marins 2 options : rejoindre le Général de Gaulle ou repartir en France. C’est ce que fera la majorité.

Pour les bâtiments en rade de Toulon, alors en zone libre, Churchill préfère ne pas intervenir au risque d’y faire venir les allemands.

Tandis que MERS EL KEBIR est une opération réalisable.

Le 3 juillet au matin SOMERVILLE envoie le Capitaine Cédric HOLLAND rencontrer GENSOUL sur le croiseur Dunkerque. GENSOUL le refoule dans un premier temps puis accepte de l’écouter. Il fait durer les négociations, met ses navires en position de combat face aux britanniques.

Les conditions demandées par SOMERVILLE  sont : se rallier, se saborder, partir vers un port anglais pour être désarmé ou filer vers les Antilles où sont déjà d’autres navires.

SOMERVILLE fait miner l’entrée de la rade par l’aéronavale (mines flottantes) et impose un ultimatum de 6 h à GENSOUL.

Ce dernier prend contact avec DARLAN2, en route vers Clermont Ferrand par des routes encombrées par l’exode, et son état-major. Les échanges se prolongent pendant des heures.

          de gauche à droite : Dunkerque, Provence, Strasbourg, Bretagne et Cdt Teste au mouilllage

Les anglais interceptent un message de DARLAN envoyé par le vice-amiral Maurice LE LUC son adjoint, indiquant que les escadres basées à Toulon et Alger vont venir en renfort.

17 h 30 : l’ultimatum expire, les négociations sont interrompues avec le plénipotentiaire HOLLAND qui rejoint la flotte britannique.

17 h 56 : la Royal Navy entre en action. (début de ce récit)

Pendant ce temps le général DE GAULLE dans une situation cornélienne (horreur Française et susceptibilité Britannique) ménage de son mieux les 2 parties.

Les Français mettront des années à pardonner à la Grande Bretagne le massacre de MERS EL KEBIR.

Le 6 Juillet, l’aviation britannique bombarde la rade, endommage le DUNKERQUE . Mais le STRASBOURG et 3 contre torpilleurs réussissent, grâce à la fumée des combats, à passer les mines et à regagner TOULON. Les bâtiments PROVENCE et DUNKERQUE faisant de même quelques semaines plus tard….pour en définitive se saborder le 27 Novembre 1942 avec toute la flotte pour que les  allemands ne s’en emparent pas.

Dans la nuit du 7 au 8 Juillet 1940 l’aéronavale britannique bombarde DAKAR et endommage le cuirassé RICHELIEU dont les canons interdiront ensuite, sur ordre du gouverneur général BUISSON, le 23 Septembre, l’entrée du Général de GAULLE voulant rallier le SENEGAL à la France Libre.

Ce fait de guerre décidera les Etats-Unis, étant neutres à cette époque, à entrer en guerre par la suite.


Notes :

1°) signifie en arabe « le grand port » qui sous les romains était « Portus Divinus ».

2°) chef d’Etat major de la Marine depuis janvier 1937, accepte l’armistice proposé par PETAIN à condition que le flotte ne soit pas livrée à l’Allemagne.

 

NDA : sujet complexe les dates, heures ou événements n’étant pas en concordance suivant les sources.

 

Sources : revue historique, sites internet divers, émission TV.