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Ceci sera pour nous chers Adhérents et Amis l’opportunité de nous souvenir, de nous interroger sur l’élan de patriotisme et de solidarité qui a animé, ces Femmes, ces Hommes, ces jeunes Hommes à sortir de l’ombre pour défendre la Patrie !
Quel sens donner à la “Résistance” en cette année 2020 alors que le Monde est tourné vers une sortie de crise qui nécessite que les valeurs Solidarité, fraternité, citoyenneté ne soient pas de vains mots !
Un nouvel élan de Patriotisme ? 

Transfert des cendres de Jean MOULIN au Panthéon

 

Le discours d’André MALRAUX

Un jour, la Résistance…

Je connais une histoire, une belle épopée
Que mon père a vécu et qu’il m’a racontée
L’histoire est émouvante et pour pouvoir l’écrire
Ce soir, je suis poète et accorde ma lyre.

“Humiliés, vaincus, le cœur triste à mourir,
Le front chargé de peines nous abaissions les bras
Vers la terre sacrée qu’on voulait avilir”.
Avec ces quelques mots, mon père commença

A raconter ces jours qui furent leur espoir.
On subissait l’insulte mais comment réagir !
Nos corps étaient vidés, nous vivions dans le noir.
Notre terre de France étouffait ses soupirs,

Quand une voix, là-bas, venue d’une Angleterre
Qui résistait encore parce que mieux protégée
Nous parla de bataille et nous parla de guerre,
Et en ce dix-huit juin ces mots se confondaient.

Mais il faut agir vite au moment du naufrage !
Ces mots qu’on nous lançait étaient notre bouée,
La planche du salut. Avec ce sauvetage
Notre raison de vivre venait de commencer.

Celui qui se souvient de cette année quarante
De ces journées de deuil quand la France pleurait,
Gémissait sous le joug et dévalait la pente
Qui menait au désastre, ne peut pas oublier

Cet affront, ces outrages, ces humiliations
Devant les croix gammées, les marches au pas de l’oie
Sur notre sol de France. L’idée de rébellion
Occupait nos cerveaux

Et, le miracle vint par le son d’une voix.
Nos pas étaient moins lourds, nos fronts se redressaient,
L’Espérance naissait et nous allions pour Elle
Conjuguer nos audaces et braver le danger ;

On oubliait la peur et l’on avait des ailes.
Téméraires à l’excès ignorant la prudence
On disait non à tout mais sans le faire voir.
La meilleure défense était notre silence,

Et des forces nouvelles étayaient nos espoirs.
Et des vies s’éteignaient pour une vie meilleure !
C’est un vrai paradoxe que de dire cela !
Mais devant la menace l’on se sent tous des frères

Et l’on oublie les haines et les menus tracas.
Ce mouvement latent qui couvait sous la cendre
Allait simplifiant un peu plus chaque jour.
Il fallut s’aguerrir, s’endurcir pour défendre

La Liberté gisante qui criait au secours
Sous les coups répétés du sinistre occupant
A chacun son combat, à chacun ses prières.
Les villages, les hommes, les femmes et les enfants,

Les villes s’insurgeaient, chacun à sa manière
Pour une République qui nous venait de loin
Et, qui avait servi d’exemple au monde entier.
Quand l’ennemi brisait nos modestes bastions

Il en renaissait cent, tels des hydres blessées.
Jean Moulin ! Brossolette ! pour n’en citer que deux,
Et tous les anonymes et tous les gens de l’ombre,
Tous ces suppliciés et, ils étaient nombreux !

Ces réseaux clandestins qui se créaient à Londres
Formaient la Résistance et préparaient le Jour………
Ce jour semblait lointain mais l’Espérance est belle !
Et pour mieux nous aider à supporter le joug,

Les contraintes, la peur et les tristes nouvelles
Nous avions nos poètes, qui embaumaient nos plaies,
Fleurissaient nos tombeaux.
Eluard ! Aragon ! vos chants d’hommes blessés

Sont vos chants les plus beaux.
Au-delà du pays vivaient aussi des hommes
Qui pleuraient comme nous notre France outragée.
Et tous se rassemblèrent pour former tout un nombre

Et ce nombre fut tel qu’il devint une armée.
Nos forces redoublaient en apprenant ces choses,
Chaque jour qui passait renforçait nos pensées.

Quand on se sent aimé on s’exalte et l’on ose

Attaquer l’impossible au nom de Liberté.

Rose CASTEL VERDINO

 

Ce poème est le récit d’une grande dame Varoise de toujours qui s’en est allée peu de jours après le 8 mai, à l’âge de 96 ans !
Elle a écrit beaucoup de poèmes mais peu sur cette partie de sa vie durant laquelle à l’âge de 20ans elle a été emportée dans la tourmente de l’histoire !

Christiane Dormois  et NEO