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POURQUOI ?

Cette question devient lancinante et quasi insupportable, pourquoi faudrait-il attendre que ces voix de résistantes s’éteignent une à une ?
Pourquoi faudrait-il que tout à coup le Monde se souvienne que la Libération a eu lieu il y a 75 ans ?
Pour qu’enfin les paroles se libèrent, les presses écrites, fassent état de récits mettant à l’honneur ces Résistantes de l’ombre,
Pour que……..
Les reportages se multiplient sur les chaînes audio visuelles montrant l’indicible horreur des camps, la dure vie de cette époque, le courage de ces Femmes, de ces Hommes qui ont bravé l’ennemi à mains nues…
Les histoires secrètes de ces “tractations” qui ont permis la LIBERATION…
Serions-nous nous “les petites Mains”, les passeurs de Mémoire, de ce que les manuels d’histoire ont tus par pudeur ou par honte ou pour ne pas effrayer notre société, en occultant certains faits de ces conflits mondiaux qui ont marqué le 20ème siècle ?
Oubliant au passage que d’autres conflits ont endeuillé le monde et que l’oppression demeure à nos jours sous les dictatures…
En hommage ces deux témoignages retraçant la vie de survivantes, mais pourquoi ne pas en avoir parlé et parlé encore !!!
Orphelins de Guerre, Pupilles de la Nation : Relevez le défi et collectez les témoignages pour que ne s’éteignent pas à jamais ces voix !!!!!
Christiane Dormois

La résistante Cécile Rol-Tanguy est morte

Jusqu’à sa mort, le 8 mai à l’âge de 101 ans, elle défendit le souvenir de l’insurrection parisienne à laquelle elle prit part en tant qu’agente de liaison.

Par Antoine Flandrin Publié le 08 mai 2020 à 17h04, Journal Le Monde

L’engagement des femmes dans la Résistance française fut longtemps occulté. Souvent, l’importance de leur rôle fut découverte après la mort de leur mari. Ce fut le cas de l’épouse du colonel Rol-Tanguy (1908-2002), chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la région parisienne, connu pour avoir mené la libération de Paris avant l’entrée des blindés du général Leclerc, le 24 août 1944. Jusqu’à sa mort, le 8 mai, à l’âge de 101 ans, Cécile Rol-Tanguy défendit le souvenir de l’insurrection parisienne à laquelle elle prit part en tant qu’agente de liaison.

Née le 10 avril 1919 à Royan (Charente-Maritime), elle grandit au Vésinet (Yvelines), puis à Paris dans le 19e arrondissement, dans une famille d’ouvriers communistes. Son père, François Le Bihan, électricien, militant CGT au Secours rouge international, héberge avec son épouse de nombreux responsables communistes tchèques, hongrois, yougoslaves, italiens et allemands, exilés politiques en France.

La rencontre avec Henri Tanguy

Après avoir obtenu son brevet, Cécile Le Bihan est embauchée en 1936 comme dactylographe à la fédération CGT de la métallurgie, où elle fait la connaissance d’Henri Tanguy, un Parisien d’origine bretonne qui a quitté l’école à 13 ans et a été renvoyé de plusieurs usines d’automobiles pour y avoir organisé des grèves. Elle devient sa marraine de guerre, après qu’il obtient l’autorisation du Parti communiste français (PCF) pour rejoindre les Brigades internationales pendant la guerre civile en Espagne, en 1937 et 1938. Il en reviendra avec une blessure à la poitrine et un surnom de guerre – Rol, le nom de son ami Théo, tué par les Franquistes.

Après leur mariage, en 1939, vient le temps des drames. Son père, François Le Bihan, est arrêté en avril 1940. Accusé d’avoir tenté de reconstituer le PCF alors dissous, il est écroué à la prison de la Santé, à Paris. Il sera déporté à Auschwitz où il mourra en 1942. Elle n’a aucune nouvelle de son mari, Henri Tanguy, mobilisé en 1939, affecté dans une usine d’armement près de la frontière pyrénéenne. Bientôt, leur petite fille de 7 mois, Françoise, tombe malade. Le bébé meurt le 12 juin, alors que les troupes allemandes entrent dans la capitale.

« Je n’avais plus rien, racontait-elle. Mon père avait été arrêté, mon mari, je ne savais pas où il était, et j’avais perdu ma petite fille. Qu’est-ce qui me retenait ? Je rentrai dans la Résistance. Ça m’a aidée. Ça m’a apporté quelque chose. » Contactée par la CGT, devenue clandestine, elle accepte de dactylographier des tracts et des articles pour des journaux de la Résistance. Lorsque son mari rentre à Paris, en octobre, elle devient son agente de liaison.

La Résistance et la Libération

Deux autres enfants, Hélène et Jean, naissent en 1941 et en 1943. Elle se sert de la poussette qui les transporte pour y cacher des documents secrets pour le réseau communiste des Francs-tireurs et partisans (FTP). Sous les rutabagas et les poireaux de son cabas, elle dissimule pistolets, grenades et détonateurs. Alors que son mari passe de planque en planque, elle vit avec sa mère et utilise des prénoms d’emprunt : Yvette ou Lucie.

Dans la nuit du 18 au 19 août 1944, c’est elle qui tape à la machine le tract appelant les Parisiens à s’insurger : « Aux patriotes aptes à porter des armes. (…) La France vous appelle ! Aux armes, citoyens ! ». Le 20, elle est de nouveau aux côtés du colonel Rol lorsque celui-ci installe son PC dans les catacombes, à vingt-six mètres sous le lion de la place Denfert-Rochereau. C’est là que le chef régional des FFI organise le soulèvement parisien. Cinq jours plus tard, après de rudes combats, les Parisiens fêtent la Libération, alors que les chars alliés entrent dans la capitale. Cécile Rol-Tanguy sort de l’ombre. Elle est reçue au ministère de la guerre, le 27, avec son mari ainsi qu’une vingtaine de chefs de la Résistance parisienne, par le général de Gaulle.

Après le décès de son mari, en 2002, elle continuera à témoigner. « J’ai longtemps accompagné mon mari pour évoquer la Résistance, disait-elle. Quand il est parti, l’idée qu’on allait oublier son combat et celui de tant d’autres ne me plaisait pas. Alors je me suis lancée, sans jamais penser à ce qui me tomberait dessus… »

Cécile Rol-Tanguy, en quelques dates

10 avril 1919 : naissance à Royan (Charente-Maritime)

1936 : sténodactylo à la Confédération générale du travail (CGT)

1939 : épouse Henri Rol-Tanguy

1940-1944 : agente de liaison dans la Résistance

8 mai 2020 : mort à Monteaux (Loir-et-Cher)

Mort de Cécile Rol-Tanguy, figure de la Résistance, à 101 ans
RESISTANCE «Elle était emblématique de la place de femmes dans le combat contre Vichy et l’occupant nazi», salue sa famille
20 Minutes avec AFP

Publié le 08/05/20 à 17h42 — Mis à jour le 08/05/20 à 17h50

Comme un symbole, elle s’est éteinte le jour du 75e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale. L’héroïne de la Résistance Cécile Rol-Tanguy est décédée vendredi à l’âge de 101 ans, a indiqué sa famille dans un communiqué transmis à l’AFP.

Elle est décédée à la mi-journée «à son domicile de Monteaux (Loir-et-Cher)», précise le communiqué. «Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944», poursuit le texte.

« Emblématique de la place de femmes dans le combat contre Vichy et l’occupant nazi»

Elle était la veuve du colonel Henri Rol-Tanguy, l’un des principaux acteurs de la Libération de Paris, décédé en 2002. Cécile Rol-Tanguy était née le 10 avril 1919, fille unique d’un ouvrier électricien, militant communiste et résistant qui mourra déporté à Auschwitz en 1943, et d’une femme au foyer également résistante. En 1939, juste avant le début de la guerre, elle avait épousé Henri Tanguy rencontré au syndicat des Métaux CGT de Paris où elle était employée. Couple emblématique de la Résistance, ils ont eu quatre enfants.

Après quatre ans dans la clandestinité, le 18 août 1944 c’est elle qui tape l’ordre de l’insurrection parisienne dicté par son mari devenu le chef militaire des Forces Françaises de l’Intérieur d’Ile-de-France et qui aboutira huit jours plus tard à la Libération de la capitale.

«Porteuse des plus hautes distinctions de la République (Grand Officier de la Légion d’honneur, Grand Croix dans l’Ordre national du Mérite, Médaille de la Résistance, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance), elle était emblématique de la place de femmes dans le combat contre Vichy et l’occupant nazi», salue sa famille.