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                                « La légende de la bataille de l’AISNE »    

Chez les pupilles de la nation orphelins de guerre des « Morts pour la France » de la bataille de France au printemps 1940, il subsiste en 2020 soit 80 ans plus tard, un puissant sentiment d’abandon d’oubli et d’injustice.
Cette période, qui va de la « drôle de guerre » à la fin du mois de juin 1940, a été et est encore ignorée dans les livres d’histoire…Elle doit avoir sa commémoration…….

Du 14 mai au 11 juin 1940 c’est l’avancée des Panzer Allemands par le nord.  Une avancée qui dans un premier temps est stoppée à Rethel où les troupes Françaises résistent et défendent la ligne de l’Aisne, sous le commandement du Général De Lattre de Tassigny. C’est, malgré une défense acharnée, des combats sanglants et meurtrier, puis le franchissement de l’Aisne par l’ennemi et son entrée sur notre sol. C’est surtout, le début de la guerre et de l’invasion Allemande.
La mémoire des Françaises et des Français n’a pas connaissance des actes ou faits d’armes glorieux.
Elle n’honore le souvenir d’aucune de ces journées et d’aucun de ces héros.
L’Histoire et la mémoire collective ont occulté cette dramatique période qui s’est terminée le 22 juin 1940 par la défaite des forces armées Françaises et la signature de l’armistice par le gouvernement de Pétain.
Cette page de l’histoire se termine par la défaite française qui débouche sur des années d’occupation allemande.
Il y eu 100.000 soldats Français tués.
Ce déni de mémoire mérite réhabilitation pour ces soldats « Mort pour la France » et qui contrairement à une « légende » n’ont pas démérité.

   
Mon père Marcel CHALONS Sous-Lieutenant du 35 ème régiment d’infanterie de Belfort étaient sur les bords de l’Aisne, dans la matinée du dimanche 9 juin 1940. La France sur le terrain était mal équipée avec des chars plus ou moins modernes et obsolètes du fait de l’absence de radios, et d’un manque de fiabilité des moteurs, ou de la pénurie de carburant etc… !
Cette journée, a été l’une des grandes batailles qui marquèrent le début de cette guerre de 39/40.
Elle fut particulièrement sanglante.
Massés sur les bords de l’Aisne, nos soldats à dix et vingt contre un défendaient avec acharnement le sol de France. Il ne fallait pas que l’ennemi passât la rivière ni le canal ….
A la faveur d’un feu de barrage, un feu d’enfer, l’ennemi cependant avait traversé …et il fut repoussé.
Mais, il y eut dans cette journée mémorable des victimes : les abords des ponts étaient particulièrement surveillés et balayés de part et d’autre par le feu des armes automatiques.
Un jeune soldat du 35 RI fut tué à sa mitrailleuse et, il fallait coûte que coûte défendre ce pont !
Un chef, dans de telles circonstances, ne pouvait donner un ordre, il ne pouvait que donner l’exemple et prendre la place.
C’est ce que fit le Lieutenant Marcel CHALONS. Mais, son geste magnanime, du plus pur héroïsme, devait sur le champ, lui coûter la vie » ….(Faisant de ses deux, très jeunes enfants, des orphelins de guerre pupilles de la nation)
. Le 27 novembre 1948 à la ré inhumation qui eut lieu dans son petit village proche de Belfort
Le prêtre officiant nouvellement nommé dans la paroisse a rapporté ces faits, et à la surprise générale il a précisé que :
« …ses hommes douloureusement frappés, arrachèrent à l’ennemi et au mépris de leurs vies, son corps. Ils le déposèrent dans une grange et, un prêtre se trouva là, pour tracer sur ce corps le signe de la rédemption et de l’espérance. La Providence permit que je fusse ce prêtre-là … !!

Ces faits méritent d’être rappelés parce que de tels actes d’héroïsme, un tel enthousiasme et de la part des chefs et de la part des hommes font mentir  “la légende qui tente à s’accréditer chez nous que les soldats de 40 n’étaient que des fuyards et des lâches ” 

Le sous-lieutenant Marcel Chalons a reçu la Croix de Guerre avec étoile vermeil. Il a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume. Ses croix ont été remises à sa veuve avec les objets personnels retrouvés

Les deux croix ont été officiellement remises à ses enfants, au cours d’une cérémonie le 14 juillet 1948 en Algérie à la demande de l’association des veuves de guerre

 (Anne avait 9 ans et Marcel 8 ans)

Mon père et sa tombe

 

 

 

Anne Chalons                                                           

officier de la Légion d’honneur                                                                                                 

sa fille

Présidente

Sources : l’intervention écrite du religieux   maintenant D.C.D