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Des Nécropoles aussi en ALSACE

 

Nécropole du Chêne Millet

En 1914 l’Allemagne qui compte l’Alsace et la Lorraine depuis 1871 déclare la guerre à la Russie. L’Alsace et la Moselle toujours attachées à la France sont prises entre deux feux.

Pour toute la région se pose souvent pour les habitants un affreux dilemme, source de déchirements dans les familles.

J’entends encore ma grand-mère nous raconter l’histoire de sa cousine dont deux enfants, l’un Alsacien Français et l’autre Alsacien Allemands, risquaient de s’affronter car l’un était enrôlé par l’armée Allemande.

Les mobilisés allaient devoir se battre, contre des compagnons de 1870.

Lors du conflit 14/18, les combats qui se sont déroulés dans les Vosges d’Alsace, ont été aussi difficiles aussi sanglants et meurtriers que ceux de la Marne. Ils sont pourtant bien moins médiatisés et historisés dans les ouvrages chargés de traiter et garder la mémoire de tous ces héros.

Théophile Augustin CHALONS né en 1878 est l’un de ces héros, c’était mon grand-oncle. Né à LE BELIEU petite commune dans le Haut Doubs. Soldat au 4ème régiment d’Artillerie Territoriale sous le matricule « 2077 » il a été recruté à Belfort (90) Il fut tué à l’ennemi le 08 mai 1917 à METZERAL, à l’avant-poste de l’Epaulette, Zone Viallet en Alsace (68) Déclaré « Mort pour la France » il est inhumé à la nécropole nationale du Chêne Millet.

                                             

La nécropole fait 8220 m2. 2632 morts,1777 tombes individuelles, 855 dans l’ossuaire, 2630 Français et 2 Russes Avec le Ban de Sapt, la Tête des Faux, le Linge et l’Hartmannswillerkopf (ou Vieil Armand) elle fait partie des hauts lieux de mémoire ou se sont déroulées les plus terribles batailles. En 1920 après cette guerre des tranchés d’Alsace, on a regroupé les corps exhumés des champs de bataille. Ils ont été déposés dans les nombreux cimetières militaires. (Metzeral, Sondernach, Breitenbach, Stosswihr, Gaschney…)

Jules RONOT un autre de mes grand-oncle, soldat engagé dans ces longues et terribles batailles qui pour certaines ont été, les plus meurtrières de France. L’Oncle Jules a été très gravement blessé à la face sur le site du Vieil Armand.  Laissé pour mort il a été transporté avec les cadavres vers une fosse commune. Un infirmier a remarqué que le corps bougeait et constaté qu’il était encore en vie. Dirigé vers un hôpital, il est opéré et soigné. Il restera marqué à vie dans sa chair, et sera ce que l’on appelle une « gueule cassée ». Après de longs mois il a pu regagner sa ferme de Praslay en Haute Marne pour reprendre une vie à peu près normale.

Sa blessure lui a valu d’être promu chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur.

Cette blessure a été, pour la fillette que j’étais, particulièrement traumatisante lorsque nous allions rendre visite à Jules et Marie la sœur de ma grand-mère.

Après la fin du conflit, en 1918, le traité a imposé à l’Allemagne le retour de l’Alsace – Lorraine à la FRANCE

Anne CHALONS

Officier de la Légion d’Honneur

Présidente