
PĂ”LE MÉMORIEL DANS L’EST DE LA FRANCE
sur les
MÉMOIRES DE L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE

En France, « la Route des Abolitions de l’Esclavage » lancĂ©e en 2004 s’inscrit dans un projet international d’une « ROUTE D’ESCLAVE » soutenu par l’UNESCO.
Elle est la suite de la loi qui reconnaĂ®t en 2001 que la traite et l’esclavage des noirs est un crime contre l’HumanitĂ©.
Pendant 350 ans, des millions de noirs ont Ă©tĂ© enlevĂ©s dans leur pays et ont Ă©tĂ© rĂ©duits Ă l’esclavage en AmĂ©rique, et dans de nombreux pays.
En FRANCE, la route des abolitions de l’esclavage compte cinq sites dans le grand Est. Deux sont en Franche-Comté.
Sous le règne de LOUIS XVI (1789), les habitants du petit village de Champagney,(70) près de Belfort,
ont entendu parler de ces pratiques.Ils ne peuvent pas restés insensibles à la souffrance de ces noirs.
Lors des Etats GĂ©nĂ©raux, les 1000 habitants de cette commune sont l’une des rares communautĂ© Française Ă condamner l’esclavage des noirs et Ă demander son abolition.
Le seul noir qu’ils connaissaient Ă©tait la reprĂ©sentation picturale du Roi Mage Balthazar du tableau de la nativitĂ©, dans l’Ă©glise du village.
Ces hommes simples ne pouvaient pas accepter que des hommes, mĂŞme d’une autre couleur de peau, soient traitĂ©s plus mal que leurs bĂŞtes de somme.
La maison de la nĂ©gritude et des droits de l’Homme Ă Champagney est le premier site de cette route
Au Fort-de-Joux Ă cĂ´tĂ© de Pontarlier (25), le deuxième site en Franche-ComtĂ© a accueilli le fils d’un roi Africain.Toussaint Louverture nĂ© esclave qui devient gouverneur de saint Domingue, est arrĂŞtĂ© en 1802 sur l’ordre de Bonaparte, après avoir Ă©tĂ© le chef de l’insurrection d’une armĂ©e d’esclaves rĂ©voltĂ©s, sur l’Ă®le de St Domingue
Il a fini ses jours emprisonnĂ© dans ce fort qui garde l’entrĂ©e aux portes de la Suisse.
En 1830 le mouvement abolitionniste renaît en Guyane ou Anne Marie JAVOUHEY missionnaire, libère de nombreux esclaves.
Cette religieuse, fondatrice de la congrégation de Saint Joseph de Cluny ouvre en Outre-Mer, des missions qui ont pour but l’éducation.
« Les noirs ne sont sourds ni à la voix de la morale ni à celle de la civilisation ; ils sont fils du père commun, ils sont hommes comme nous » disait-elle.
A Chamblanc/Seurre/Jallanges en CĂ´te d’Or (21) une ForĂŞt de la mĂ©moire des affranchis de 1838, un sentier historique, les vitraux de l’Ă©glise et la maison de la religieuse, proposent une vision inĂ©dite et une aventure unique dans l’histoire coloniale Française.
C’est le troisième site, il est en Bourgogne- Franche-ComtĂ©.
Le 4ème site est celui de la maison de l’abbĂ© GrĂ©goire Ă EmbermĂ©nil (54), on y prĂ©sente l’oeuvre et la vie de cette figure emblĂ©matique de la rĂ©volution française, qui rĂ©clamait l’abolition de l’esclavage; c’Ă©tait :« l’ami des hommes de toutes les couleurs » .
Il a aussi menĂ© un combat en faveur des juifs, prĂ´nĂ© le suffrage universel…etc
Cet abbĂ© fut aussi le fondateur du conservatoire national des arts et mĂ©tiers, du bureau des longitudes. Il devint membre de l’institut de France qu’il a participĂ© Ă crĂ©er.
L’abolition de l’esclavage a Ă©tĂ© proclamĂ©e sous la pression et la rĂ©volte des esclaves de St DOMINGUE, dirigĂ©s par Toussaint Louverture chef de l’insurrection.
Mais, elle fut aussi le combat de cet homme qui lui a consacré toute sa longue vie.
De tous ses combats celui des noirs a été le plus long.
Le 5 ème site se situe Ă Fessenheim (67) en Alsace. Il est dĂ©diĂ© Ă Victor Scholcher, une autre figure de la lutte contre l’esclavage. Cet homme politique a luttĂ© pour dĂ©noncer l’esclavage. Il obtient l’abolition en 1848 .
C’était un fervent dĂ©fenseur du projet de Jules FERRY « Pour une Ă©cole laĂŻque et gratuite pour tous » et qui fait reculer l’analphabĂ©tisme.
Ses cendres ont été transférées au PANTHEON avec celle de Félix EBOUE.
Ces cinq lieux de mĂ©moire autour de l’esclavage des noirs ont un mĂŞme idĂ©al, celui de commĂ©morer les combats menĂ©s pour l’abolition de l’esclavage par ces prĂ©curseurs des droits de l’homme :
 « Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en Droits ».

Anne Chalons
Officier de la LĂ©gion d’Honneur
Présidente FNAPOG


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