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Novembre 1942 : 1ère opération aéroportée britannique réalisée avec des planeurs vers l’usine de Norsk Hydro de Vemark (comté de Telemark en Norvège) qui fabriquait de l’eau lourde1 pour les nazis.

Cette usine était aux mains des allemands depuis 1940. Ce besoin en « eau » était essentiel pour faire fonctionner un réacteur nucléaire élaboré par les laboratoires de recherche allemands.

Il fallait donc la détruire et plusieurs moyens furent envisagés : raid nocturne de bombardiers de la RAF mais avec des difficultés pour le repérage, ou hydravion sur le lac Mosvatn à 24 km. Ces 2 possibilités furent donc abandonnées.

Finalement ce seraient quelques éléments de la 1 ère division aéroportée, après un sévère entraînement, qui en planeur atterriraient près de l’usine pour la détruire avec explosifs puis repli vers la Suède.

Mais pour réussir cette phase une autre opération dite « Grouse » fut décidée. Le SOE recruta Einar SKINNARLAND ingénieur norvégien qui travailla à cette usine, au barrage Mosvatn et connaissait bien la région et quatre autres agents norvégiens qui s’entrainèrent au pays de Galles et en Ecosse. Ces 5 hommes débarquèrent sur la zone Télémark en Norvège et après 15 jours de marche rejoignirent leurs contacts sur place. « Grouse team » prépara alors la mission Freshman et contacta Londres dès que ce fut prêt.

Le 19 Novembre 1942 deux planeurs « Horsa », avec à leur bord le Group-Captain COOPER et ses hommes, leur avion remorqueur « Hallifax » décollent de l’aérodrome de Skitten (Ecosse) à 17 h 50 pour le premier et 18 h 50 pour le second. Le signal attendu de la part des agents SOE norvégiens ne peut-être capté (défaillance au sol ou avionique) par le 1 er avion remorqueur qui s’oriente alors seulement avec les cartes et boussole.

Hélas une météo exécrable, des problèmes de navigation et le filin de remorquage qui se casse obligent le planeur à un atterrissage forcé qui fit 3 morts parmi les 17 soldats. Un fermier découvre les survivants, les hébergent discrètement avec ses voisins et leur indique que rejoindre la Norvège est difficile car il faut traverser toute la Suède. L’avion remorqueur fut contraint de regagner sa base en Ecosse car il était limite en carburant.

C’est peine perdue car le lendemain les allemands arrivent et capturent les Anglais. Les blessés furent torturés puis exécutés2 et jetés à la mer. Quant aux 5 rescapés ils furent conduits au camp de concentration de GRINI. Ils seront aussi exécutés mais le 18 Janvier 1943.

Quant au 2 ème planeur et son remorqueur un changement brutal des conditions « météo » oblige le pilote le Lieutenant PARKINSON à larguer le planeur à trop haute altitude. Mais sous l’effet du vent et de la pluie l’avion remorqueur s’écrase sur la montagne tuant tout l’équipage.

Les Allemands avertis par les Norvégiens arrivent, constatent qu’il n’y a aucun survivant et jettent les corps de l’équipage dans les marais avoisinants.

Mais le planeur lui continue sa route, si l’on peut dire, et effectue un atterrissage forcé vers HELLELAND provoquant la mort de 7 soldats. Les 10 survivants demandèrent de l’aide aux habitants de cette contrée perdue sans possibilité de communication. Ces habitants brûlèrent tous les documents relatifs à cette incursion anglaise. Ils demandèrent donc de l’aide aux allemands ! ! afin de soigner leurs 8 blessés. Ils furent contraints de se rendre mais connurent une issue fatale : fusillés à SLETTBÖ camp allemand.

Les allemands retournèrent sur les lieux pour essayer de découvrir des indices susceptibles de leur fournir quelques renseignements. Ils trouvèrent une carte malheureusement oubliée, laquelle leur indiqua la véritable cible visée par las anglais.Ils renforcèrent donc leurs dispositifs de protection et de surveillance. Ils arrêtèrent une vingtaine de Norvégiens en représailles.

Pourquoi cette opération ?

Dans une revue scientifique les « Joliot Curie » émirent l’idée que la fission nucléaire était possible et qu’elle pouvait libérer une énorme quantité d’énergie pouvant servir, en autres, à la fabrication de puissantes armes.

C’est à ce moment, en Avril 1939 que le gouvernement allemand engagea un programme de recherches sur l’arme atomique en développant notamment un réacteur nucléaire. Mais pour cela il fallait de l’eau lourde (ou Oxyde de deuterium) mais l’Allemagne n’en possédait pas ou alors très peu. La Norvège en avait une grande réserve mais ne voulait n’en vendre qu’une petite quantité aux Allemands. D’autant que la demande augmentant des questions se posèrent à la Norvège.

Que fit donc l’Allemagne : elle envahit la Norvège en Avril 1940, s’empara de l’usine pour ses propres besoins.

Le bilan de cette entreprise fut désastreux mais permit néanmoins de préparer plus efficacement la prochaine tentative l’opération GUNNERSIDE en Février 1943 qui détruisit en grande partie l’usine « d’eau lourde » et en coulant le 20 Février 1944 un navire contenant des fûts de cette eau. L’Allemagne était sérieusement freinée dans ses objectifs nucléaires.

 

 

 

Notes :

1°) eau lourde : chimiquement identique à l’eau ordinaire mais avec 1 neutron en plus. C’est celui-ci  qui étant ralenti va permettre une nouvelle fission et une réaction en chaîne. On l’appelle eau lourde car sa masse volumique est plus élevée que l’eau normale (1,10 contre 0,99). En clair 1 litre d’eau normale pèse 1 kg et 1 l d’eau lourde pèse 1,1 kg,d’ou son appellation.Température d’ébullition à  101,4 ° C et de congélation plus élevée (3,8° c).

Mais sur ordre dit “de commando” qu’Hitler avait instauré en octobre 1942 et qui disait que « tout commando » devait être exécuté après sa capture. 

Anecdote : il est bon de révéler que 15 jours avant l’invasion de la Norvège, par les allemands, la France avait eu tout le stock d’eau lourde donnée gracieusement par la Norvège et acheminé par avion.

Sources : revues spécialisées, pages internet françaises et anglaises.