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                                                                              Pierrot le fou libère Toulouse

2 juin 1944 Achille Viadieu est abattu à Toulouse.

11 juillet Marcel Taillandier est abattu à Saint Martin du Touch, banlieue de Toulouse, tandis  que son adjoint Léo Hamard, jeune policier est capturé, mené au siège de la gestapo, quartier du Busca à Toulouse. Il y sera torturé pendant une semaine sans jamais parler. 

Ils étaient les 2 responsables du réseau Morhange.

Pierre Rous leur succède et part à la recherche de quelqu’un capable d’abattre un certain Jean Cavalerie ayant combattu aux côtés des nazis, responsable du massacre de Figeac (Lot) 20 otages fusillés au hasard sur 120 arrestations. Les cent autres seront déportés

En élargissant ses recherches, car on ne trouve pas un homme de main aussi facilement, Pierre ROUS est mis en relation avec un nommé Pierre LOUTREL. Ce dernier n’est autre qu’un ex de la gestapo parisienne du 93 rue de Laurenton et membre de « la carlingue » qui voyant le vent tournait quitte Paris où il menait une vie de voyou, de braqueur, même s’il occupe un emploi de garçon de café puis de gérant d’un bar hôtel. et vient se réfugier à Toulouse en Juillet 1944.

Pierre ROUS lui expose ce qu’il attend de lui et Pierre LOUTREL accepte. C’est ainsi que le 12 Août 1944 Jean Cavalerie et son adjoint plus un officier allemand sont exécutés à la terrasse du café des sports près du monument aux morts.

Sept jours plus tard TOULOUSE est libérée, libération facilitée par les actions des hommes du réseau Morhange.

Pierre LOUTREL fait parler de lui, il est arrêté pour extorsion de fonds et incarcéré à la prison Saint Michel de Toulouse. Il est libéré presque aussitôt sous l’influence de DGER, service de renseignement français. On lui demandera d’aller en Espagne pour liquider un gros trafiquant français Michel SZKOLNIKOFF alias Mandel, fournisseur entre autres de tissu aux SS. Son cadavre sera découvert en juin 1945 près de Madrid.

Le 24 août un sauf conduit permanent lui est délivré par les services spéciaux de l’armée, sauf conduit au nom de Lieutenant DERICOURT.

Mais ce repenti, né le 5 mars 1916 à Château du Loir, fils d’un fermier de la Sarthe va probablement à cause de la boisson devenir imprévisible dans ses actions, son comportement et va commettre d’innombrables braquages.

Il est le chef du gang des tractions avant et en 1946 est recherché par toutes les forces de police et de gendarmerie de France. Il est Pierrot le Fou.

Son passé resurgit : voyou de Marseille, à 16 ans condamné pour vol, mousse sur un bateau, il fréquente les milieux interlopes. Il sera donc envoyé dans un camp disciplinaire à Tataouine (sud de la Tunisie). Démobilisé en 1938, à la fermeture du camp cité ci-avant, il part à Paris. En1941 il rejoint la gestapo française. Traque des juifs, pratique du marché noir, pourchasse des résistants telles seront ses activités quotidiennes.

Une quinzaine d’attaques de Février 46 à Novembre 1946 avec des anciens de la gestapo feront plusieurs victimes, butin estimé à 6 millions d’euros actuels.

Lors d’une attaque d’une bijouterie à Paris le 6 novembre 1946 il abat le bijoutier. Mais il est blessé, ou se blesse au ventre. Il en décéde le 10 novembre à Porcheville. Ses complices l’inhumeront sur une île de la Seine. Cet épisode ne sera connu que 3 ans plus tard.

                                   

 

Sources : la Dépêche du midi et pages internet