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                                                     Danielle CASANOVA  …les femmes dans la résistance

Fille d’instituteurs, d’Olivier PERINI (décédé en 1937) et de Marie Hyacinthe Versini, VINCENTILLA voit le jour le 9 janvier 1909 à Ajaccio. La famille se compose de 5 enfants.

Ses études secondaires se passent à Ajaccio, se poursuivent au collège du LUC (VAR). Elle fait hypokhâgne au Lycée Longchamp à Marseille mais n’y reste que 3 semaines, ne désirant pas être dans la fonction publique.

Ses parents vont lui financer ses études de dentiste à Paris où elle arrive en Novembre 1937. Sur place elle retrouve son frère journaliste.

Réside dans le VII ème puis au 32 rue du Four à Paris VI ème. Elle obtient son diplôme en Juillet 1932. De fait elle va adhérer à l’union fédérale des étudiants (parti de gauche) dont elle deviendra dirigeante en 1928. En 1930 elle rentre aux jeunesses communistes où elle rencontre un étudiant et militant Laurent CASANOVA. Ensemble ils adhérent au Parti communiste puis se marient le 12 décembre 1933.

 Elle se fait appeler « Danielle ». Elle circulera sous l’identité de « GARNIER ».

Entre 1930 et 1939 elle milite intensivement au sein de ces différentes structures. En Septembre et Octobre 1935 elle part au sixième congrès de l’Internationale communiste à Moscou.

En 1936 elle organise un convoi en Espagne pour livrer du lait aux enfants victimes de la guerre.

De retour en France elle fonde l’union des jeunes filles de France à Marseille, elle en sera la secrétaire. A beaucoup de relations avec le PCF d’autant que son mari est le secrétaire de Maurice THOREZ secrétaire général du PCF.

En 1939 le PCF est interdit ainsi que toutes les ramifications. Danielle CASANOVA va donc entrer en clandestinité avec d’autres jeunes filles issues de l’union.  Elle sera responsable de la propagande dans l’armée avec Victor MICHAUT, rédacteur à l’humanité.

En octobre 1940 elle œuvre dans la presse clandestine : trait d’union, pensée libre et fonde la « Voix des femmes ».

Son mari est fait prisonnier. Elle s’engage dans la lutte armée avec les Jeunesses communistes en 1941.

Elle est arrêtée le 15 février 1942 alors qu’elle ravitaillait, en charbon, Georges POLITZER1 et sa femme Maï qui eux venaient de l’être un peu plus tôt par un inspecteur des brigades spéciales. Plus de 110 militants seront ainsi pris dans les jours suivants.

Conduite au dépôt du poste de police elle est remise aux allemands le 23 mars 1942 on la transfère à la prison de la Santé pour 5 mois. Ce qui ne l’empêchera pas de transmettre ses infos à d’autres prisonniers en jetant par ci, par là des messages papiers qui une fois découverte lui vaudront d’être mise au secret, voireau cachot pour une semaine.

Ensuite elle est enfermée au fort de Romainville le 24 Août 1942, ce qui ne l’empêche pas de militer et de manifester sans cesse. Elle fera parvenir quelques lettres à sa mère, trois du dépôt et 5 de Romainville

. Le 24 Janvier 1943 départ pour le camp de Royalieu à Compiègne et transfert avec 230 autres femmes à Auschwitz où elles arriveront le 27 Janvier 1943.

A l’arrivée elles chanteront La Marseillaise. Elles sont priées de partir « pour la douche » mais une annonce demandant si quelqu’un est dentiste lui évitera cette issue fatale. Elle sera affectée, matricule 31655 au « Revier », l’infirmerie du camp, en remplacement de celle décédée quelque temps auparavant du typhus.

Ce poste lui permet d’être bien habillée, je veux dire par là chaudement, bien nourrie et de ne pas être tondue. En plus cela lui permet quelquefois de transmettre nourriture, médicaments aux femmes du camp et même de leur trouver un travail moins épuisant.

En avril 1943 une épidémie de typhus décime de nombreuses prisonnières, le médecin chef du camp la fait vacciner, mais hélas beaucoup trop tard car après avoir été malade depuis le 1 er Mai, elle décède le 9 mai 1943.

Légion d’honneur à titre posthume. De nombreuses places et rues de plusieurs villes portent son nom ainsi qu’un navire.

   

Note :

  1°) Georges POLITZER traqué par la police, il est arrêté à son domicile du 18 ème à Paris avec sa femme. Il sera fusillé au Mont Valérien le 23 Mai 1942 tandis que son épouse décèdera du Typhus à Auschwitz en Mars 1943.

 

Sources : pages internet pour l’essentiel.