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                                Cecily LEFORT …………..les femmes dans la résistance (8/13)

Née Margot Gordon le 30 Avril 1900 à Londres fille de Christian Fredéric Gordon, pasteur, et de Margaret Humble Close cette dernière affirmant que le vrai père de Cecily était un cousin de son mari, Lord Granville Gordon. Voulant ne pas perdre la garde de son enfant elle préféra partir s’installer en France, à Paris.

Cecily infirmière auxiliaire, rencontre à l’hôpital son futur mari, le docteur Ernest Marie Alexis LEFORT. Ils se marient le 17 juin 1924 et vont résider dans un appartement à Paris.

Le Dr LEFORT possède une villa près de Saint-Cast sur la côte d’émeraude bretonne, il pratique équitation et voile et emmène, en ce lieu agréable, son épouse pour lui faire partager ses passions.

En 1939 le Docteur LEFORT fut appelé comme médecin militaire dans l’armée française. Mais en 1940 la France étant occupée par les allemands la Jeune Cecily repartit en Angleterre via l’ile de Jersey pour ne pas être arrêtée en tant que citoyenne britannique. Elle rencontre le « Captain » Peter HARRATT du SOE, lui signale qu’elle met la villa de Bretagne à la disposition de la résistance. Y fonctionnera une filière d’évasion de pilotes anglais abattus ainsi que d’autres personnes, 70 femmes ou hommes sous la bienveillance de Erwin DEMAN agent du SOE.

Juin 1941 : Cecily LEFORT rejoint les WAAF. Elle se portera volontaire en 1942 pour servir dans le SOE, section F car elle parle bien le français. Elle y est admise en 1943 pour y suivre un entraînement à Wanborough House afin d’exercer ensuite le rôle de courrier.

La loi interdisant aux femmes de participer à des combats elle intègre la FANY (First Aid Nursing Yeomanry) organisation civile. 

Dans la nuit du 16 au 17 juin 1943 elle est parachutée près de Villevêque proche d’Angers avec deux compagnes Diana Rowden et Noor Inayat Khari, elles aussi agents du SOE. C’est Henri DERICOURT, à l’origine de ce projet, qui les réceptionnera.

Elle sera « Cécile Marguerite Legrand » alias Alice. Elle se rend à Angers distant de 12 km, à bicyclette puis prend le train pour Paris puis un autre pour rejoindre Montélimar.

Là elle assure son rôle de courrier pour le compte du réseau « Jockey » dirigé par Francis CAMMAERTS. Ce dernier recommandait d’être prudent, d’éviter son ancien QG à Montélimar. Elle remplit aussi d’autres missions : transmettre des informations à Londres, repérer d’éventuels lieux de parachutages. Le 13 Août 1943 elle guide un avion au-dessus de la zone de largage tout cela bien qu’elle se sente fragile pour certaines missions.

Cammaerts dira qu’elle était son bras droit.

Le 15 septembre elle se rend avec Pierre Reybaud chez Raymond DAUJAT, grainetier. Mais peu après leur arrivée les SS se présentent à leur maison. Les ayant aperçus Cecily se cache dans la cave tandis  que les 2 autres comparses réussissent à s’échapper. Fouillant la maison les SS découvrent Cécily LEFORT et l’arrête. Elle est emmenée dans une prison Lyonnaise puis à Fresnes.

Elle sera interrogée de manière brutale, rien d’étonnant, torturée mais ne dira jamais mot.

Le 1er février 1944 elle est transférée à Ravensbrück. Pendant sa détention elle souffre de l’estomac, le médecin du camp Percival Trente l’opère.

En janvier 1945, la malnutrition aidant, elle a la diarrhée et est épuisée. Elle aurait été transférée au camp d’Uckermark où paraît-il on était mieux soigné et pas de travail obligatoire. Puis ramenée à Ravensbrück

Vers le 5 Février son nom figure sur la liste des condamnées avec Violette SZABO, Denise BLOCH et Lilian ROLFE elles seront gazées et déposées dans un des fours crématoires.