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                                                       La vie dans le maquis

 Beaucoup de membres de l’AS et FTP restent chez eux, menant une vie normale en attendant le jour du débarquement. Mais les réfractaires STO susceptibles d’être recherchés par la gestapo et la police doivent se cacher ou partir dans le maquis.

La France a beaucoup d’espaces boisés, d’épaisses forêts et de contrées montagneuses assurant donc une bonne protection pour les réfugiés que les allemands auront ainsi du mal à trouver dans ces lieux quasi inhospitaliers, même en utilisant leurs avions d’observation car les maquisards savent se dissimuler et respecter les consignes comme ne pas allumer de feux ou rester à découvert.

Beaucoup d’agents du SOE parachutés pour la 1 ére fois en France sont étonnés que les résistants méprisent les règles de sécurité et qu’ils aillent voir les habitants des villages proches sans trop se cacher.

Pourtant le problème vient des informateurs et des possibles collaborateurs prêts à les trahir.

Quelquefois certains groupes se font mal voir par leurs actions, consistant pour s’approvisionner en nourriture ou cigarettes, à dérober par ci, par là. Cela ne leur rend évidemment pas service.

Le soutien de la population locale est essentiel, aide des commerçants (boulanger, boucher, épicier) et des agriculteurs pour assurer le ravitaillement. Certains maquisards blessés ou perdus sont recueillis par les fermiers, ces derniers récupérant aussi, parachutistes et containers largués, en utilisant leurs charrettes. Les facteurs leur font parvenir le courrier en poste restante mais sous un faux nom. Il existe donc une symbiose entre maquisards, qui aident aux travaux des champs et les paysans qui leur récupère les parachutages. L’âge moyen du maquisard est 24/25 ans. Ils ont besoin d’armes mais aussi d’encadrement car ils sont jeunes et sans formation.

Citons aussi la passivité des gendarmes dans quelques occasions.

Le résistant doit être attentif au monde qui l’entoure. Pas de prise de notes sur un quelconque carnet. Les créateurs du maquis sont souvent inconnus des hommes pour des questions de sécurité bien sûr.

Celui qui s’engage dans le maquis jure fidélité au groupe qu’il incorpore.

Les maquisards vivent sous la menace permanente de l’arrestation. Surtout si l’un d’eux est arrêté les allemands ou la milice peuvent remonter jusqu’à la source. Ils mènent une existence précaire et nomade. Montant ou démontant leur campement pour le réinstaller plus loin.

Un résistant pris doit s’attendre à la torture (certains ne l’ont pas supporté et ont parlé), à la déportation, à l’exécution.

Le plus grand des problèmes de sécurité est la possible infiltration d’un espion dans le groupe. Beaucoup d’hommes rejoignant le maquis il est facile aux allemands ou la milice d’y glisser un des leurs. Si ce dernier est découvert la sentence est immédiate : exécution d’une balle dans la tête après avoir creusé sa tombe.

Dans l’option inverse, si un maquisard est pris, il pourrait révéler la position du maquis. Dans ce cas le maquis a 24 heures pour changer de place. Sachant qu’un maquisard arrêté et interrogé doit « tenir » physiquement et moralement 24 heures permettant ainsi à ses collègues de s’en tirer.

La vie quotidienne est faite de difficultés : trouver de l’eau, nourriture, abris. Avoir un endroit pour entreposer les équipements et armes et implanter des latrines. S’équiper, se vêtir correctement.

Un conseil : les parachutes ne sont pas brûlés ! ils servent de sacs de couchage ou de tente.

La presse clandestine leur dresse une de liste de leurs besoins pour le maquis : carte d’identité carte de rationnement, vêtements, divers objets de toilette, boussole, couteau etc….et avoir une arme à feu serait de bon conseil : et surtout plus aucun contact avec la famille.

Les uniformes des maquisards sont disparates : habits civils, vieux uniformes, manteaux de cuir, et vêtements de paysans voire sabots. La représentation officielle du musée de la libération à Paris les habille d’une veste vert foncé, qui ressemble à celle portée dans les chantiers de jeunesse. Ces derniers, créés par Vichy pour effectuer un service de 8 mois afin d’apprendre discipline, endurance et hygiène.

Ces chantiers de jeunesse servaient ainsi de réserve à « l’armée de l’armistice » pour y puiser des jeunes recrues. Certaines d’elles, passaient dans la résistance et plus tard avec leur aide les maquisards y allaient parfois pour récupérer du matériel.

Ian WELLSTED officier du SAS, alias « Gremlin », parachuté en France, région du Morvan, dans  la nuit du 5 au 6  Juin 1944 découvre avec étonnement les maquisards. Ils vivent dans des forêts sombres, ils étaient artisans, commerçants, fils de bonne famille mais maintenant ils appartiennent au même groupe uni. Ils étaient vêtus comme les paysans, quelquefois certains avaient gardé leurs sabots en bois, d’autres avaient des vêtements dépareillés : chemises kaki, pantalons bleus, bottes allemandes (récupérées sur des cadavres).

La différence marquante entre paysans et maquisards était, pour ces derniers, le pistolet passé à la ceinture, le fusil porté à l’épaule et parfois la « STEN » en bandoulière.

Le campement provisoire

     Préparation d’un repas : la corvée de patates

         Enfin le repas du…guerrier