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Pause entre actions

                                                                                                 LA VIE DANS LA CLANDESTINITÉ DES MAQUIS 

Il ne fallait pas sous-estimer les risques encourus par les résistants à quelque niveau ou grade que ce soit.

Les résistants agissent le plus souvent de façon isolée, sans forcément connaître leurs camarades de combat. Leur action repose essentiellement sur leur bonne volonté, leur témérité, l’inventivité et surtout la chance. Une qualité essentielle le SILENCE au quotidien, lors d’interrogatoire.

Un « bon » résistant doit passer inaperçu, se fondre dans la masse. Beaucoup de précautions à prendre que ce soit pour les actes quotidiens, ou pour envisager une réunion. Le moindre oubli d’un détail, le moindre relâchement peut être dangereux voir fatal.

S’assurer que les vêtements n’ont pas d’étiquettes britanniques, ne pas porter d’écharpes avec initiales différentes de son nom.

Un résistant passe rarement 2 nuits de suite au même endroit. En ville il faut trouver l’appartement ou la maison d’amis qui n’ont pas d’activités clandestines. Les propriétaires qui hébergent les résistants encourent de grands risques. En campagne les hommes se regroupent dans des endroits surs.

Nacy WAKE1 a failli se faire prendre parce qu’un voisin a constaté que la chasse des toilettes fonctionnait plus que d’habitude. (les toilettes, communes, étaient extérieures à l’époque)

Les rencontres se font dans des endroits très fréquentés (moins de risques de se faire repérer), la ponctualité est vitale. Si personne n’est au rendez vous on continue sa route, le contact a peut-être été arrêté par la Gestapo.

Yeo THOMAS2 s’est fait prendre pour n’avoir pas respecté ces consignes, il était revenu sur ses pas, avait été cueilli par la gestapo et s’est retrouvé à Buchenwald, après un long passage à Fresnes.

Une clef de survie : les faux papiers, pas uniquement ceux d’identité mais aussi carte d’alimentation, permis de travail, de voyage, exemption du STO etc ..font qu’un recrutement de faussaires est un besoin. Deux de ces faussaires, avec une fausse carte de police repéraient dans la rue une personne au profil identique à la personne à qui étaient destinés les faux papiers. Ils demandaient la carte  d’identité à cette personne et notaient tous les détails prétextant une enquête.

Ecoute des messages diffusés par les radios interdites telle que la BBC, tous les soirs à 21 h 15, messages précédés d’un signal sonore comme les 4 premières notes de la 5 èmè symphonie de Beethoven. Les résistants et agents pour prouver leur appartenance au camp allié demandaient à leur contact un message qu’ils feraient ensuite diffuser sur la BBC. Cela prouvait qu’ils n’étaient pas des « taupes » de la Gestapo ou de la milice. Les messages sont en général courts.

Recevoir des messages est courant, mais correspondre avec Londres est autre chose. Certains résistants partent en Angleterre via l’Espagne, d’autres utilisent les avions anglais en mission de nuit. Le SOE (Spécial Opérations Exécutives) est réticent à fournir des opérateurs radio, seulement 2 stations en mai 41 puis 53 en Août 44.

Les allemands vont user de moyens efficaces pour les repérages radio par système de triangulation (stations à paris, Augsbourg, en Bretagne et à Nuremberg). La détection se fait à 15 km prés. Aussitôt le centre local est averti et les camions « gonio » repèrent d’où provient le signal. Heureusement les messages sont codés, les opérateurs radio disposent en plus d’un code de sécurité permettant à l’interlocuteur de savoir s’il émet sous contrainte ou non. Si l’un d’eux est capturé les allemands l’utilise, s’ils peuvent, comme agent double.

En cas d’arrestation les résistants ne sont pas considérés comme des combattants et de ce fait ne bénéficient d’aucun traitement de faveur (convention de Genève). Ils sont emprisonnés, battus, affamés, torturés et pas moins de 45 000 mourront en prison.

Au procès de Nuremberg les preuves apportées montrent les méthodes inimaginables de la barbarie (victimes pendues à l’envers, chocs électriques, supplice de la baignoire, du chalumeau) que ce soit hommes ou femmes.

Les chances d’échapper à la déportation, à l’exécution sont infimes, mais possibles quelquefois.

Beaucoup de chefs importants de la résistance sont incarcérés à la prison d’Amiens, le 20 Février ils sont condamnés à mort. Il y avait 523 détenus classiques et 180 enfermés par les allemands.

Dominique PONCHARDIER fondateur, avec son frère, d’un des réseaux de renseignement (réseau SOSIES) demande à la RAF de bombarder cette prison à basse altitude pour détruire les murs d’enceinte et permettre une potentielle évasion. Ce fut fait le 18 février  vers midi: opération Jéricho   (appelée Ramrod 564 en 1944, puis Jéricho en 1946) par 25  avions larguant une quarantaine de bombes dont seulement une moitié frappèrent la prison. Mais le bâtiment administratif où étaient les allemands fut détruit à 100 %.

Evidemment ce raid ne se fit pas sans dommages : plus de 100 prisonniers tués, 75 ou 80 blessés et 258 s’échappèrent dont 79 résistants et prisonniers politiques. Certains ne le firent pas de peur d’être repris par les allemands et fusillés.

Parmi ces derniers se trouvait le sous-préfet d’Abbeville, Raymond VIVANT (mais oui) arrêté le 12 Février par la Gestapo.

 

 Notes : 1°) Nancy WAKE : Australienne, partie à Londres et parachutée en Auvergne au mois d’Avril 1944.pris la direction de maquis français. Femme la plus décorée.

                2°) Yeo THOMAS : agent secret britannique du SOE, alias Shelley. Opéra en France où il fut l’un des plus actifs.  Après la prison de Fresnes, Buchenwald, Gleina et Rehmsdorf il réussit à s’échapper après plusieurs tentatives. Il changea plusieurs fois d’identité il prit même l’identité, les papiers, d’un prisonnier mort du Typhus.

Maquisards en opération

Tenue d’une barricade à Paris par le maquis