Maquis de BONNECOMBE en Lozère
Printemps 1942 : un groupe d’ouvriers communistes allemands employés auparavant à l’usine de Saint Chely d’Apcher dirigé par Otto KÜHNE crée ce maquis.
Ce dernier prendra de plus en plus d’importance et KÜHNE deviendra le responsable en 1944 des FTP-MOI (de Lozère, Ardèche et Gard) la section atteignant environ 2 000 hommes en juin 1942.
Otto KÜHNE (1893-1955) était cheminot et appartenait au parti communiste allemand, le KPD, depuis 1920.
Secrétaire du KPD au Reichstag il fuira au Danemark après l’incendie du Reichstag, passera en Norvège (créera un réseau de réfugiés allemands) puis il ira en Espagne combattre pendant la guerre civile de Mai 1937 à Août 38. Ensuite il rejoindra Paris.
« Vichy » l’interne au camp des travailleurs étrangers de Chanal en Lozère. Il y constituera un groupe de résistance, rattaché à COMBAT (autre groupe résistant important français). Il restera en liaison avec le KPD et le comité « Allemagne libre » installé à Lyon.
Fonde en 1942 le maquis, il est alias « Monsieur SCHUMANN » et contacte avec difficultés le PCF qui est réticent à sa venue, craignant avoir affaire à une taupe de la gestapo. Mais la population cévenole, Huguenote, le soutient et le PCF l’incorporera.
Les 7 et 8 Avril 1944 il anéantit une patrouille de feldgendarmes à Saint Etienne Vallée (Lozère) et le 5 juillet 1944 contre des Waffen SS à La Rivière.
Plusieurs maquisards se rejoignent en un lieu cher aux camisards. Otto KÜHNE « travaille » avec le maquis de Bir-Hakeim. Ils sont cependant traqués par les GMR et la milice. La Werhmacht les attaque à la Pentecôte 1944. Bir-Hakeim y laissera 61 morts et le groupe Otto KÜHNE 10.
Ce maquis participe aux combats pour la libération. Accueille aussi des déserteurs de la Werhmacth, notamment des Arméniens dans la région de Mende. Son groupe rattaché aux « FTP-MOI », il commandera ainsi plus de 2 000 hommes.
Otto KÜHNE alias Robert sera promu Lieutenant-Colonel en Juin 1944.
NDA : ce récit n’est que partie du parcours d’Otto KÜHNE..
Ne pas oublier le rôle criminel que joua l’évêque de Mende, le collaborationniste pro-nazi François Auvity, arrêté par le Maquis de Lozère à la Libération, condamné et démis de ses fonctions épiscopales par le Saint-Siège. L’évêque Auvity exigeait des ouailles de son diocèse qu’elles dénoncent à la GESTAPO « par obligation chrétienne » les Juifs, les résistants et les réfractaires au STO. Il interdisait par ailleurs à tous les prêtres de son diocèse d’administrer les derniers sacrements aux résistants mourants. Cela aussi fait partie du devoir de mémoire.
Merci @Nino. Vous avez tout à fait raison. Voici ce qu’écrivait le professeur Patrick Cabanel dans Vocations et migrations religieuses en Gévaudan, XVIIIe-XXe siècle (CNRS éditions, Paris, 1997, p.83): «Quant au régime de Vichy, les rapports de ses fonctionnaires et policiers sont encombrés de remarques amères sur le mauvais esprit des pasteurs cévenols, protecteurs agissants des Allemands antinazis, des juifs, des réfractaires au STO, tandis que la bonne volonté de l’évêque collaborationniste et antisémite FRANÇOIS AUVITY et de la presque totalité de son clergé est mise en avant.» Deux historiens contemporains se sont particulièrement penchés sur le cas de cet immonde personnage, chassé par la population de Mende à la Libération et démis de sa charge épiscopale par Pie XII. Leurs conclusions sont éloquentes et montrent qu’Auvity était plus que « pro-nazi », il était carrément nazi (les extraits publiés de la Croix de la Lozère visés par Auvity lui-même le prouvent. A des fins d’information du public, je place le lien vers l’article en consultation libre sous mon nom, comme m’y autorise ce formulaire. Bien à vous – Alexandre, petit-fils de résistant déporté.