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                                                                  PLATEAU DES GLIERES .  MYTHE ou/et REALITE

 

Radio Londres diffuse sur les ondes : trois pays résistent en Europe ce sont la Grèce, la Yougoslavie et la Haute Savoie ! !

Nous sommes le 26 mars 1944, il est 11 heures : le chef de la 157 ème division alpine de l’armée allemande, le général PFLAUM lançait ses 7 000 hommes à l’assaut des Glières.

 L’ordre était d’anéantir ce maquis qui depuis plus de 2 mois tenait la région la plus inaccessible de la Haute Savoie, avec seulement 500 hommes qui harcelaient l’armée allemande et ses collaborateurs français par d’incessantes attaques meurtrières.

Le 31 janvier 44 pour échapper au STO (hommes nés en 1920,1921 et 1922), les jeunes de Haute Savoie partent, d’autres refusent, se cachent dans les bois et montagnes et rejoignent le maquis. On les appelle « les réfractaires » : poursuivis par la police, ils sont aidés par les habitants. Ils sont 465 environ encadrés par les responsables de l’armée secrète secondés par les FTP communistes (encensés par radio Londres depuis 2 mois). Le lieutenant Tom MOREL dirige ce maquis afin de former les résistants, même si peu d’entre eux acceptent de se battre, et de réceptionner dans de bonnes conditions les parachutages.

Les maquis se forment, les chefs sont formés dans une école de cadres créée à Manigo, supervisé par le capitaine ROMANS-PETIT de l’armée secrète. Ce dernier confiera le commandement du maquis à Tom MOREL ancien instructeur à Saint Cyr.

Avec le temps le symbole a supplanté la vérité historique ainsi s’est forgé le mythe des Glières : récit fondateur de la résistance dans un France divisée après la guerre.

Ce plateau devient le 1er territoire hors contrôle de Vichy qui tient la Haute Savoie en état de siège.

Le 5 février DARNAND opère une rafle à Thones puis, 1 semaine plus tard le plateau des Glières est encerclé par la police de Vichy et les GMR.

Le 6 février Tom MOREL part en mission dans l’Ain et laisse la responsabilité du département au capitaine CLAIR.

9 tonnes d’armes sont parachutées en 3 fois du 14 février au 10 mars. Le 12 Février, la Lutwaffe bombarde le plateau et les chalets où sont installés les maquisards.

La nuit du 9 au 10 mars les résistants, environ 150, investissent et s’emparent du QG des GMR établi à l’hôtel de France à Entremont, le Lieutenant MOREL et tué par un des policiers, le commandant LEFEBVRE du GMR. Dans ce bref affrontement sont aussi tués l’agent de police DECOUR et l’éclaireur skieur FRISON. Les résistants ramènent 50 à 60 prisonniers.

De ce fait DARNAND appelle les allemands à la rescousse.

Les chefs du maquis veulent se retirer, mais un agent de Londres Jean ROSENTHAL venu sur place les en dissuade et leur demande de rester coûte que coûte afin de renforcer l’influence du général De GAULLE afin que celui-ci soit reconnu par les alliés et convaincre ces derniers de l’utilité de la résistance contre les nazis. Le lieutenant-colonel anglais HESLOP (alias Xavier) et ROSENTHAL (alias Cantinier) représentants le général De Gaulle, ont aussi pour mission d’évaluer le maquis et le terrain de parachutage. Il faut regrouper le maximum de maquisards sur ce plateau qui servira de base de départ pour attaquer l’armée allemande.

Le 26 mars 44, deux patrouilles allemandes vont en reconnaissance sur le plateau des Glières, l’une est repoussée, l’autre contourne le maquis s’attaque aux 18 maquisards présents qui ont 2 tués et 1 blessé. Les allemands se replient provisoirement.

Les allemands donnent aussitôt après l’assaut avec la milice.  Maurice ANJOT qui a remplacé Tom MOREL décide d’évacuer le plateau estimant avoir tenu la place assez longtemps. Pendant ce retrait 210 résistants sont capturés soit par les allemands soit par la milice ou police de Vichy. Certains seront fusillés après avoir été torturés.

Ce 26 mars 1944 avec une force dix fois supérieure aux résistants, le général PFLAUM anéantissait le maquis avec l’aide de la milice et des GMR (Groupe Mobile de Réserve) du régime de Vichy.

La bataille des Glières fait l’objet de la guerre des ondes entre la France libre et Vichy. Philippe HENRIOT, propagandiste de Vichy à Radio Paris signale que la police de Vichy a liquidé le maquis, mais en omettant volontairement de parler du soutien allemand.

Jean ROSENTHAL du BCRA (Bureau Central de Renseignement et d’Action) télégraphie à Londres que 400 allemands ont été tués et 300 blessés dans ces combats. Maurice SCHUMANN le 7 Avril 1944 annonce qu’aux Glières 500 Français ont résisté à 12 000 allemands pendant 15 jours. Des chiffres pour le moins fantaisistes destinés à impressionner le public. Est-ce une guerre de propagande ?

267 maquisards sur 451 se sont échappés avant l’assaut du 26 mars.

En réalité les allemands n’auraient quasiment eu aucune perte : 3 tués ainsi que 23 GMR ou miliciens..

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sources : sites Web divers