VILLEMOTIER village de l’Ain endeuillé 

Été 1941 : l’EIF1 et le Consistoire Central réunis décident de créer des chantiers ruraux afin de donner à des jeunes juifs une formation agricole pour un éventuel retour à la terre sans oublier le coté culturel et d’offrir à d’autres un refuge.

Seront ciblés les villages suivants : le domaine du château de Charry à coté de Moissac, Lautrec, 1900 âmes, près d’Albi (Tarn), Maisod (5jura) 150 âmes et Taluyers (Rhône) 600 âmes.

Le 1er , celui de Maisod sera opérationnel en septembre 1941, sous la direction du Dr Georges Meyer (alias Hibou), aidé de son épouse Fanny et de Jean Schwab le moniteur. Mais dès les premiers mois il faut se rendre à l’évidence : le climat est rigoureux et la surface trop réduite.

Mars 1942 : le Dr Meyer signe un bail pour la ferme de Saint-Germain à Villemotier à une quinzaine de kilomètres de Bourg en Bresse. Ce seront 10 à 12 élèves, parfois 30, qui y seront hébergés. La partie religieuse est assurée 1 fois par semaine par Aron Wolf stagiaire rabbin.

Un événement tragique va mettre à mal ce système : la rafle du « Vél d’hiv » qui fait interner à Drancy tous les juifs étrangers.  La ferme héberge les jeunes enfants de parents déportés. Cette situation décide Georges Mayer à rejoindre le maquis.

Roger Mayer, strasbourgeois sa formation terminée lui succède au poste de directeur.

11 novembre 1942 : l’occupant envahi la zone Sud, libre, s’installe dans toutes les villes importantes. La préfecture de Bourg en Bresse ne révèle rien de l’activité des centres ruraux. Début 1944, un certain, pas pour longtemps, Klaus Barbie prend ses quartiers à Lyon. Prévoyant, Frédéric Hammel (alias Chameau) responsable de l’annexe de Saint-Germain disperse ses effectifs, mais à Villemotier on veut terminer les travaux et le départ est retardé.

Claude Bloch en mai 1944 part s’enquérir de nouvelles informations auprès de l’instance supérieure.

19 mai 1944 : les divisions SS et la gestapo encerclent le hameau de Saint-Germain, font usage de leurs armes, tuant le rabbin Wolf 24 ans qui s’enfuyait. Jacques Schwb et Jean Frances s’échappent par une fenêtre et sont abattus ainsi que Raphaël Horowitz 18 ans. Mais Charles Cwang a réussi et se cache dans un champ de colza. Il est repéré ainsi que Roger Meyer qui l’accompagnait. Ils présentent leur carte d’identité, fausse bien sûr, échappent à la sanction ultime et sont ramenés, vers 14 h, à la ferme. Hélas leur sauvetage ne dure pas, ils sont abattus vers 17 h.

Quant à Paul Strauss resté avec son épouse, Berthe Manéla, enceinte, dans le bâtiment, ils sont aussi découvert. Présentation de la carte d’identité, la vraie pour Paul, mais fausse pour sa compagne au nom de Béatrice Michel de Wissembourg.

Transférés à Lyon dans les locaux de la gestapo. Berthe est libérée le lendemain mais Paul rejoint la prison de Montluc. Il en sort pour la destination de Drancy puis Auschwitz le 30 juin, convoi n° 76 (le jour précèdent la naissance de sa fille à Lyon). Il décède au revier2 du camp le 1er février 1945, camp libéré par l’armée rouge quelques jours avant : le 27 janvier.

Pour ce fait, un seul survinant : Jacques Frances le bordelais. Il s’était caché dans un ruisseau, puis réfugié et recueilli à l’abbaye de Dombes à Plantay (Ain) par les parents de Roger Meyer. Il rejoignit ensuite les maquis du Jura.

Il fut décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre.

Quant aux cinq fusillés, ils furent inhumés au cimetière de Villemotier puis, après la libération, transférés au cimetière israélite de la Mouche à Lyon sur l‘initiative de Claude Gallant et de Jacques Frances.

Une plaque commémorative est apposée à la ferme de Saint-Germain.

 

Notes :

1°) Éclaireurs Israélites de France

2°) l’infirmerie du camp.

 

Sources :  divers sites internet

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