Mesdames, Messieurs, Élus de la République, Représentants des autorités civiles, militaires et religieuses, Chers porte‑drapeaux, Chers membres du Souvenir Français, Chers amis de la mémoire,

Nous sommes réunis aujourd’hui auprès de cette chapelle des Buis, un lieu où le temps semble suspendu, un lieu où chaque pierre porte une trace, un souffle, une prière.

Je rappelle que cette chapelle fut consacrée à la fin de la seconde guerre mondiale par Monseigneur Dubourg puisque son vœu que Besançon soit protégé d’importants bombardement avait été exaucé.

 

Cet emplacement catholique accueille des noms venus de toutes confessions, de toutes histoires, de toutes familles. 6200 noms sont gravés dans la pierre, des histoires des visages que nous ne connaîtrons jamais tous, mais dont la France porte à jamais l’héritage.

Ils sont dans notre mémoire collective, dans notre conscience nationale, donc dans ce que nous sommes.

 

 

Ils sont les fils et les filles d’une France qui a traversé les épreuves, les guerres, les déchirements, et qui a toujours trouvé la force de se relever.

Pour couronner le tout en face de nous, la statue de la Vierge Marie. Elle fut inaugurée le 8/9/49 c’est-à-dire le jour de la fête de la nativité. Dans 2 jours ce sera donc l’anniversaire de cet évènement.

 

Nous Souvenir Français, fidèle à notre mission depuis plus d’un siècle, nous venons de faire restaurer cette statue. Nous avons voulu que cette restauration soit un signe. Le signe que la mémoire ne s’efface pas. Le signe que la France se souvient. Le signe que nous restons les gardiens de cet héritage.

 

Car cette statue n’est pas un simple élément décoratif. Elle est un symbole. Un symbole de protection, de consolation, de lumière. Un symbole qui rappelle que, même dans les heures les plus sombres, une espérance demeure.

Ici la dimension spirituelle rencontre la mémoire républicaine. La Vierge Marie accueille ces 6200 âmes comme une mère accueille ses enfants

 

Et la présence de la Vierge Marie, ici, ne sépare pas : elle rassemble. Elle rappelle que la compassion, la protection, la dignité ne sont pas l’apanage d’une seule foi, mais des valeurs universelles, partagées par toutes les traditions spirituelles.

Et c’est ici que nous rappelons la position essentielle du Souvenir Français : nous honorons tous les morts pour la France, quelles que soient leurs croyances, leurs origines, leurs religions. Pas de distinction de religion.

Car la France a toujours été faite de diversité. Dans les tranchées, dans les maquis, sur les champs de bataille, se sont tenus côte à côte des catholiques, des protestants, des juifs, des musulmans, des croyants d’autres traditions, et des hommes et des femmes sans religion. Tous unis par un même uniforme, un même drapeau, un même idéal. Tous unis par la volonté de défendre une Nation qui, elle, ne demande pas à ses enfants d’être identiques, mais d’être solidaires.

En venant dans cet endroit chacun peut ressentir quelque chose de particulier. Certains y voient un lieu de recueillement. D’autres un lieu d’histoire. D’autres encore un lieu de transmission. Mais tous, sans exception, comprennent que la paix que nous connaissons aujourd’hui n’est pas un acquis. Elle est un héritage. Un héritage fragile, précieux, exigeant. Pensons aux risques actuels avec la Russie.

 

Ces 6200 noms nous rappellent que la liberté a un prix. Un prix payé par des hommes et des femmes qui ont servi la France jusqu’au bout de leur courage. Un prix payé par des familles qui ont vu partir un fils, un père, un frère, une sœur, sans savoir s’ils reviendraient. Pour d’autres ce furent notamment les victimes des crimes nazis ou des morts de civils lors de déportations ou de bombardements. Un prix payé par une Nation qui a dû se reconstruire, se réinventer, se relever.

Aujourd’hui, devant ces 6200 noms, nous prenons un engagement. L’engagement de se souvenir. L’engagement de transmettre. L’engagement de veiller, comme eux ont veillé sur nous.

Et cet engagement, nous le prenons surtout devant la jeunesse. Car ce sont les jeunes qui feront vivre la mémoire demain. Ce sont eux qui décideront si ces noms restent des visages ou deviennent des ombres. Ce sont eux qui porteront la République, non pas comme un héritage figé, mais comme une promesse à renouveler.

Je veux dire aux jeunes présents, et à ceux qui entendront ces mots : La France que vous recevez n’est pas parfaite, mais elle est précieuse. Elle est le fruit de sacrifices immenses. Elle est le résultat de combats menés pour que vous puissiez étudier, débattre, aimer, créer, voyager, rêver. La liberté que vous vivez n’est pas un décor : c’est une responsabilité. La fraternité que vous invoquez n’est pas un slogan : c’est une exigence. La République que vous habitez n’est pas un héritage passif : c’est une œuvre à poursuivre.

Vous n’êtes pas appelés à répéter le passé, mais à le comprendre. Vous n’êtes pas appelés à porter un uniforme, mais à porter des valeurs. Vous n’êtes pas appelés à mourir pour la France, mais à la faire vivre.

Et la faire vivre, c’est respecter l’autre. C’est défendre la liberté de conscience. C’est protéger la diversité des croyances. C’est refuser les haines faciles. C’est choisir la fraternité quand le monde pousse à la division.

Que cette statue rénovée continue de nous protéger ainsi que cet endroit. Qu’elle inspire celles et ceux qui viendront ici demain. Qu’elle rappelle que la France est forte lorsqu’elle honore ses morts, lorsqu’elle respecte son histoire, lorsqu’elle porte haut ses valeurs.

Honneur à eux. Honneur au Souvenir Français. Vive la République. Vive la France.

Cliquez sur une image

Aller au contenu principal