Ernest SEINFELD, déporté mais parcours surprenant
Naissance à Vienne le 24 décembre 1924, Noël avant l’heure, dans une famille juive de milieu modeste, du quartier Léopoldstadt. Il est lycéen.
L’Autriche est annexée à l’Allemagne, c’est l’Anschluss. Le père Oskar en voyage d’affaires en Tchécoslovaquie, conscient du danger qui menace sa famille part en Palestine sous mandat britannique1, espérant faire venir son épouse Marja et Ernest (Ernst) le fils ensuite.
Mais à Vienne l’armée d’occupation est déjà entrée en action, c’est-à-dire la chasse à la communauté juive. Madja et son fils sont obligés de céder leur appartement. Ernst jeune homme de 16 ans, en forme physiquement, est réquisitionné pour le travail obligatoire.

Cela durera 2 ans car en octobre 1942 il est arrêté avec sa mère et ils sont envoyés au camp de Theresienstadt2où les conditions de vie et d’hygiène sont inhumaines. Mais Ernest partira de nouveau, en septembre 1944, mais à Auschwitz car à 18 ans il est apte au travail.

L’entrée du camp de Terezin

Le ghetto
Il arrive par l’intermédiaire d’une femme du camp, Amélie Rinninger, à envoyer du courrier à son amie d’enfance Eva Dresser de Vienne.
Hiver 1944 : il se porte volontaire pour un travail de charpentier au camp de Lanshut (‘Sud-est Bavière) où, avec quelques autres 500 prisonniers, il construira des installations destinées au ravitaillement de la Wehrmacht. Les conditions seront dures, il en souffrira beaucoup mais survivra néanmoins jusqu’à la libération par les troupes US le 29 avril 1945.
Il repart donc à Vienne, il y retrouve Éva son amie qui deviendra son épouse. En 1946 le couple décide d’aller s’installer à New-York.
Ernest commence une vie d’homme d’affaires, il est connu et le couple mène une vie normale. Cela ne suffit pas à Ernest qui suit des cours du soir pour devenir un peu plus tard chargé de cours d’économie à l’université du Connecticut.
Il n’oublie pas son passé et témoigne dès qu’il en a l’occasion. Il veut transmettre ces tristes réalités vécues, résilience et souvenirs sont pour lui importants.
En 2006 son épouse Éva décède après 60 ans de mariage, il continue malgré cela sa mission de passeur de mémoire. Quelques années plus tard il retourne dans les différents camps qu’il a connu : Dachau, Kaufering, Turkeim pour éduquer les nouvelles générations.


Ernest décède le 3 septembre 20253.
Le site commémoratif de Dachau perd un important témoin.
Notes :
1°) jusqu’en 1948.
2°) c’est le nom allemand de Terezin, ville forteresse, en Bohéme/Moravie à 50 km de Prague. C’est à la fois un ghetto et un camp de concentration de 1941 à 1945. Près de 145 000 juifs y furent déportés dont 88 000 partiront à Auschwitz funeste destination. Seuls 19 000 survivront, mais Robert Desnos, notre poète français y périra le 8 juin 1945 victime du typhus. En 1947 un mémorial y fut inauguré.
3°) son père Oskar a vécu en Palestine et sa mère a dû périr en camp de concentration, sort réservé aux femmes. Sans précision aucune pour les deux.
Sources : divers sites internet.

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