Irena SENDLER polonaise, résistante, sauvetage enfants juifs.

Née le 15 février 1910 à Varsovie, Irena Stanislawa Krzyzanowska est son nom d’origine. Son arrière-grand-père a été déporté en Sibérie en 1863, son père, marié en 1909 avec Janina Grzybowska, est membre du PPS1, participe à la révolution de 1905, il est médecin à l’hôpital Saint-Esprit de Varsovie.

 Sa mère Janina et son père

C’est dans ce dernier qu’Iréna naît, elle est enfant unique. Elle attrape la coqueluche et sa famille part dans la station thermale de Otwock (N/E Pologne)., où vivent un oncle et une tante, qui les accueillent. Son père soigne les gens surtout les pauvres mais aussi les juifs, nombreux dans cette ville ouvrière.

Hélas son père décède le 10 février 1917, du typhus contracté à l’hôpital où il exerce, et dans lequel les médecins allemands négligent totalement les pauvres. Janina la mère d’Irina refuse l’aide de la communauté juive d’Otwock, cette dernière ayant assez de soucis par ailleurs.

Départ vers la ville de Piotrków, près de Lódz, pour un nouveau domicile. Irina y rencontre son futur mari Mietek Sendler, et entreprend des études d’avocate. Mais on lui indique que cette spécialité n’est réservée qu’aux hommes. Reconversion dans des études littéraires.

1931 : Iréna se marie et devient madame Sendlerowa. Elle enseigne à l’orphelinat Dom Sierot de Wawer, proche de Varsovie.  Elle s’inscrit à l’Union démocratique des jeunes polonais, y découvre l’antisémitisme, la discrimination des étudiants juifs qui ne peuvent s’asseoir que sur les bancs qui leur sont réservés.

Iréna manifeste avec les étudiants, mais repérée, elle devient une cible pour la cellule du camp national-radical (extrême droite). Elle est exclue de l’université pour avoir rayé la mention « aryenne » sur sa carte d’étudiante. Elle travaille en 1935 au département de protection maternelle et infantile de Varsovie, qui fermera plus tard faute de moyens financiers.

Son mari décroche un poste de professeur à Poznań (ouest Pologne), mais elle ne veut pas le suivre préférant travailler aux services sociaux de Varsovie, poste que lui a procuré Héléna Radlinska2et.qui lui permet d’aider les juifs, mais difficile après la fermeture du ghetto, elle était du côté « aryen », donc hors du ghetto et y rentrait avec l’accord de la municipalité en arborant une étoile jaune. Elle notait les conditions d’hygiène. Chaque année elle envoie un dossier de réinscription à l’université, il est toujours refusé sauf en 1938., ce qui lui permet de poursuivre son cursus universitaire et de présenter avec succès sa thèse de philologie en 1939.

Son élan est brisé par l’invasion de la Pologne le 1er septembre 1939. Iréna entre donc dans la résistance polonaise en participant à l’aide sociale (normalement interdite), aux plus démunis et à la population juive, structurée en cellules isolées que crée Héléna Radlinska, sa professeur d’université, ce système évite tout danger en cas de découverte de l’une d’elles. Iréna se charge d’en diriger une avec quelques étudiantes connues, elle est « Jolanta ». Elle falsifie nombre de dossiers, déclarant à l’occupant pour l’éloigner, que certains ont le typhus.

Iréna infirmière le 24 décembre 1944

Mi-octobre 1940 : par affichage les juifs sont invités, ou plutôt doivent se rassembler à l’une des entrées de la ville. En fait c’est la création du ghetto de Varsovie, car finalement le 16 novembre cet espace sera totalement clos, et un mur d’enceinte érigé. Environ 400 000 juifs y sont enfermés.

Printemps 1942 : Des déportations, près de 280 000, vers le camp de Treblinka ont lieu, la communauté juive réalise le sort qui attend. Iréna aide à sortir des enfants juifs, avec de faux papiers, faux certificats médicaux, enfants parfois cachés dans des ballots de tissus. Elle établit une liste de tous ces enfants, avec leurs coordonnées, pour qu’après-guerre ces 2500 créatures soient identifiées. Cette liste est « mise en bouteille » et cette dernière enfouie au pied d’un pommier dans le jardin d’une amie de Varsovie.

C’est dans le jardin de cette maison que fut enterrée la bouteille

Septembre 1943 : Iréna est nommée directrice du département de Zegota, de protection des juifs. Elle rassemble des enfants qu’elle envoie dans l’orphelinat de Rodzina Marii à Varsovie

Octobre 1943 : Du 1er août au 3 octobre c’est l’insurrection du ghetto de Varsovie. La ville sera détruite, rasée. 75 000 personnes seront exécutées, 150 000 envoyées en camp de travail, 50 000 déportées en camp de concentration, autrement dit d’extermination, on recensera environ 200 000 morts, conséquence de la destruction de Varsovie, mais heureusement 11 000 juifs ont survécu car cachés et bien cachés dans les immeubles.

Iréna est arrêtée sur dénonciation le 19 ou le 23 du mois ainsi que sa mère, sa tante et une amie.  Elles sont incarcérées à la terrible prison de Pawiak.Iréna aux mains de la gestapo est interrogée avec les méthodes que vous connaissez, torturée pendant des semaines, pour se retrouver avec les jambes brisées.

Et enfin le 17 janvier 1945 l’armée rouge libère la ville.

20 janvier 1945 : c’est le jour prévu pour son exécution, mais avec l’aide d’un gardien de la prison, soudoyé par la résistance, elle parvient à prendre la fuite et doit vivre dans la clandestinité,  ce qui l’empêchera d’assister aux obsèques de sa mère, Janina.

Que devient Iréna après-guerre ?

Elle reprend ses activités au bureau d’aide sociale de Varsovie, s’occupe des orphelins, crée des maisons d’enfants, adopte même 2 petites filles juives qu’elle avait sauvées. Puis elle essaie de récupérer sa « bouteille » mais le jardin entièrement détruit lui ôte tout espoir. Elle va palier ce désastre en reconstituant de mémoire cette liste, cela lui prendra un temps considérable mais elle réussira.

Elle confie cette liste à Adolf Bernam3du comité central juif de Pologne, qui l’emportera avec lui en Palestine mandataire4.  Liste qui est conservée aux archives israéliennes.

Mais Iréna en 1948-1949 va retrouver la prison ?  La police secrète communiste la soupçonne de trahison. Elle sera finalement libérée, mais maltraitée elle perdra son enfant né prématurément.

Ce n’est qu’en 1965, le 19 octobre, après 2 ans d’enquête que Yad Vashem reconnaitra Iréna Sendler comme « Juste parmi les Nations ». Un arbre lui est dédié à l’entrée des « Justes des Nations »

Iréna décédera d’une pneumonie le 12 mai 2008 à Varsovie, elle avait 98 ans, sa sépulture repose au cimetière de Powazki5 de la ville.

  La sépulture d’Iréna

Cette histoire, dont vous avez pu suivre les nombreux méandres a vu le jour grâce à 4 étudiantes américaines, qui sont allées lui rendre visite, elle avait 89 ans et a pu leur raconter son héroïque parcours de vie.

 

                A Varsovie en 2020.

 

        Allée du musée Rolin à Varsovie

 

Une plaque dans une rue de Varsovie.

Notes :

1°) Parti socialiste polonais.

2°) (1879/1954) pédagogue à l’université de Lódz.

3°) universitaire polonais, membre actif de « Zegota » organisation clandestine de la révolution polonaise, créée à l’automne 1942. Émigre en Israël en 1951

4°) sous mandat britannique de 1923 à fin 1948 et création de l’état d’Israël.

5°) un certain Nicoles Chopin, que vous devez connaitre, y est aussi.

Livres : Le livre de Joseph (Bernard Dan).

Iréna Sendler, la mère des enfants de l’holocauste.

Un film : « The courageous Heart of Irena Sendler.

Biographie : « Les 1000 vies d’Iréna Sendler, la femme qui sauva 2500 enfants juifs.

 

Sources :   divers sites internet

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