Louis ROBERT

Il était comptable, chef du groupe franc de Montpellier sous le pseudo « Rivoire ». Lors du procès « des mouchards » à Toulouse en 1948, il est supposé être un agent double au service de Karl Mahren (1898-1946). Ce dernier, d’origine sarroise, est responsable du SIPO-SP (police de sureté allemande) de Montpellier. Il est adhérent au Parti national socialiste des Sudètes et proche de Himmler.
Les dirigeants de ce SIPO étaient : le Lieutenant-Colonel Hellmut Tanzmann et le capitaine Fritz Hinrichs.
On reproche à Louis Robert d’être à l’origine de l’assassinat du docteur Arthur Marissal (1) le 4 mai 1944 à Montpellier par un jeune résistant, Raoul Batany (2), (exécuté le 17 août suivant à la caserne Lauwe de Montpellier, par la gestapo/milice).


Louis Robert soutient n’avoir exercé aucune pression sur la personne de Batany. Pris de remords et pour mettre de la distance avec Karl Mahren, il se fait arrêter le 6 février 1944 par la police française à la villa Jacqueline, rue Guillaume de Nogaret à Montpellier.
Conséquence : le 16 mars 1944, il est interné au camp de Saint-Sulpice la Pointe dans le Tarn (voir article du 12 mars dernier). Il sera libéré le 6 mai suivant, soit deux jours après le meurtre du docteur Arthur Marissal (pneumologue).


Louis Robert a aidé sa brigade à arrêter une partie du groupe Franc « Combat » de Sète, dont Jacques Vallée, les époux Robert et Madeleine Blicq née Delahotte, à la fin de janvier 1944. Le rôle de ce groupe franc est de distribuer des tracts et d’héberger les agents de liaison venant consulter les chefs locaux Paloc et Poitevin.


Le dossier d’internement de Louis Robert révèle que son cas ne nécessite qu’un mois d’internement administratif et assignation à résidence. Cette affaire n’ayant pas trop d’importance, le temps de détention peut être réduit.

 

Louis Robert va passer plusieurs semaines à la prison de Montpellier où il est interné en tant « qu’activiste gaulliste » par arrêté préfectoral du 10 mars 1944 émis et signé par Jean-Paul Reboulleau. Il est milicien et directeur du cabinet du préfet de Montpellier, Hontebeyrie depuis 1 mois. Ce dernier deviendra « préfet délégué de l’Hérault le 17 juillet 1944.
La sanction passe à 3 mois sur ordre de Joseph Darnand (« collabo » français d’extrême droite, fusillé le 10 octobre 1945)
Pierre Marty obtient une révision et Vichy émet un arrêté de libération le 6 mai 1944, le lendemain de l’assassinat de Marissal. Louis Robert peut rejoindre son domicile.

Le procès-verbal de la libération du camp de Saint-Sulpice la Pointe indique un comportement correct de la part de Louis Robert. Il rejoint la résistance de Carmaux, pour donner suite au vouloir de Karl Mahren.
Il y retrouve Louis Torcatis alias « Boux » blessé par les hommes de Pierre Marty, intendant régional de la police. « Boux » décédera le 18 mai 1944.

Notes :
1°) Lillois d’origine, a hébergé les « Weissman et leur enfant ainsi que Dora Leder juive polonaise.
2°) Il est 16 h ce jour-là, se présente, 2 rue Digeon domicile du médecin, un jeune policier blessé, il présente sa carte « Roger Darnay inspecteur de sureté de la police régionale », puis abat de 7 balles de 11 mm le docteur Marissal.

Sources : divers sites internet, dont archives départementales du Tarn et travail d’Alain Alquier 2019 (études héraultaises n° 53/ Université Paul Valéry de Montpellier).

 

 

 

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