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                         André LAFARGUE       dit Dédé       journaliste résistant

Né à Paris dans le XV éme le 2 juillet 1917.

Jean André dont le père Jean, ingénieur sera directeur d’Electricité et Gaz du Nord est marié  à Florence CHAMIER 1 britannique. Un frère Claude, médecin complète la famille.

Juin 1940 André est mobilisé à Fontenay le Comte en Vendée.

Entendant l’appel du Général de Gaulle il part avec quelques camarades à La Rochelle avec l’idée de rejoindre l’Angleterre. C’est un échec car la ville et les navires à quai dans le port sont  bombardés mais aussi car priorité est accordée aux Anglais et Polonais.

Retour à Paris donc, devient étudiant à l’Ecole libre des sciences politiques.

Avec son épouse Ameynia, son frère Claude ils sont colocataires avec Marcel RENET, médecin. Ce dernier veut créer un journal clandestin dans la résistance et un réseau de même nom. Il en fait part à André, à son frère Claude et à 2 autres personnes (dont le père de Claudine AUGER) qui donnent leur consentement à ce projet. Facilité car le Dr RENET2 connaissait un imprimeur Jean de RUDDER à Montrouge.

André LAFARGUE signe ses articles du nom de Robert Desniaux, pseudonyme La Flèche. Ses armes : sa plume et son désir d’informer par ses articles ceux qui voudraient les rejoindre.

Il part en zone Sud constater le fonctionnement de  « Franc tireur » (journal et groupe de résistance), il y rencontre Claudius PETIT qui lui parle de Jean Moulin. Par ces démarches il espère obtenir armes et matériel pour son groupe en se rendant en Angleterre. Londres s’est ainsi intéressé à ce groupe de résistants.

Loge chez sa belle mère Au Mans avec sa femme. Un matin, le 30 Septembre 1943, on sonne : c’est la gestapo qui vient l’arrêter.il s’enfuit vers la cave mais est vite rattrapé. Incarcéré dans une prison parisienne il est ensuite  transféré à Fresnes. 1er interrogatoire : la fessée ! coups de schlague  le 2 éme sera le chantage : femme arrêtée,  a parlé, mal en point..Pendant 3 nuits il subit ce traitement barbare.

Il se dit : soit on ne dit rien et la mort est proche, soit on parle, on raconte n’importe quoi le vrai mélè au faux, c’est ce qu’il fait. Les tortionnaires sont apparemment satisfaits mais le garde 3 mois en prison.

Il part ensuite à Compiègne, camp Royalieu, pour être déporté à BUCHENWALD le 24 janvier 1944.le 25 février suivant c’est MAUTHAUSEN  et enfin à EBENSEE le 24 Juillet 1944. (ces 2 derniers camps en Autriche) après avoir transité par STEYR le 8 Mars et le camp central le 17 juin des annexes de MAUTHAUSEN , n° matricule 53858.

Il y restera jusqu’au 6 Juin 1945 car l’un des derniers camps libéré par les troupes US. Il aura pendant cette période de travail pour l’Allemagne , des phalanges de doigt gelés nécessitant  une amputation de ses doigts gangrénés.

Ce matin du 6 Juin les SS rassemblent 600 prisonniers environ (Russes, Allemands,  Italiens, Tchèques, Yougoslaves et Français), leur ordonnent  de se rendre dans le tunnel sous la montagne a pour objectif de las mettre à l’abri mais plutôt de les fusiller. Réponse unanime, d’une voix forte d’un «  NEIN », les SS surpris les laissent sur place puis quittent le camp peu après, sachant que l’armée US n’est pas loin, apportant ravitaillement et soins.

De retour à Paris il s’occupe d’accueillir au Lutetia les déportés survivants. Puis va reprendre son activité de journaliste au quotidien « Résistant » devenu Paris-Matin qui peu après arrête sa parution et devient Le Parisien libéré en 1948.

31  Décembre 1987 André LAFARGUE prend sa retraite mais reste cependant pigiste au « Parisien ». Il sera critique de théâtre, de cinéma et des arts. Cela lui permettra de rencontrer des acteurs renommés.

Il est ainsi le plus vieux journaliste français. Il fêtera ses 100 ans le 29 Juin 2017 dans la cour des locaux du Parisien.

Mais décédera quelques jours plus tard , le 18 Juillet 2017.

Entre temps il a épousé  en 1988 la comédienne Monique MORISSI sa compagne depuis 1957. La famille comprendra 2 enfants (Daniel, Marie-Anne) 5 petits-enfants et 8 arrières petits-enfants .

A couvert le procès de Nuremberg.

Chevalier des Arts et des lettres en 1974. Plume d’or de la presse en 1980.

Notes : 1°) d’origine française, mais « Huguenotte » a dû s’exiler en Australie tout d’abord avant un retour en Grande Bretagne.

2°) pseudo : Jacques DESTRÉE ou Marc-Antoine.

 

Sources : revue « ça m’intéresse » histoire et sites dédiés.